| DIAGNOSTIC |
La grande majorité des grands responsables politiques sont issus de l'ENA (ancien nom de l'école conservé volontairement) après avoir fait Sciences-Po. Mais ce qui est sous-estimé est que la majorité également de leurs conseillers ont fait le même parcours ou du moins sont issus de Sciences-Po. Responsables comme conseillers sont quasi tous issus du même moule, formatés aux même idées "progressistes" européistes et mondialistes, nourris du même carriérisme, du même mépris des classes populaires "franchouillardes", de la même suffisance de ceux "qui savent" et qui cultivent un entre-soi décomplexé. Et ces responsables et conseillers, souvent conseillers devenus responsables ou conseillers aspirant à devenir responsables, n'ont aucune expérience professionnelle réelle. Résultat ils squattent les postes à responsabilité d'un état obèse qui multiplie les agences, les comités Théodule et les directions administratives.
La dérive des finances publiques est directement liée à cet entre-soi. La déconnexion des décisions par rapport aux besoins réels de l'économie et des travailleurs et acteurs économiques est également directement liée à cette déconnexion des réalités. Dans n'importe quelle entreprise privée, 40 ans d'échecs successifs seraient sanctionnés par une remise en cause des modalités de recrutement. Pourquoi se gêner avec nos dirigeants politiques?
Changer la façon de recruter nos élites politiques est ainsi incontournable pour espérer redresser la situation du pays.
| L'IDÉE CRÉATIVE |
Recruter à Sciences-Po après 20 ans de carrière professionnelle. On exige bien 172 trimestres (pour les personnes nées après 1965, de 163 à 171 avant 1965)pour accorder la retraite à taux plein, exigeons 80 trimestres ou 240 mois de travail vérifié pour entrer à Sciences-Po! C'est une idée basique mais qui change tout. Fini le recrutement d'ados sans vécu et sans expérience professionnelle bourrés d'ambition. Recrutons des adultes avec du vécu et une ou plusieurs expériences professionnelles et donc issus de différents secteurs de l'économie. Et Sciences-Po devra alors être une école en cours du soir. L'ENA qui recrutera après 2 ans de Sciences-Po pourra être une école de jour rémunérant ces étudiants selon le salaire moyen français.
| AVANTAGES |
Responsables et conseillers seront ainsi recrutés différemment, issus de milieux sociaux, d'expériences professionnelles et de vécus différents.
Cela permettra de casser le lien entre l'entre-soi des élites, le carriérisme et l'Etat obèse où recaser les copains est devenu un sport national. Cela ouvrira la voie à une vraie réforme de l'Etat qui est si nécessaire.
Cela ouvrira la voie à des façons de penser différentes, à la possibilité de concevoir des idées neuves liées à des expériences professionnelles et des vécus différents.
C'est un bon moyen à peu de frais de réduire le fossé entre les dirigeants et le peuple, de revigorer la démocratie et de réparer la République.
| CONTRAINTES |
La résistance du "système" liée à l'inquiétude des multiples lobbies qui vont perdre cette population de conseillers et de dirigeants malléables.
Etre certain que les examens d'entrée soient dépourvus de biais idéologiques.
La fin du recrutement de jeunes de 25 ans dans la haute administration et les fonctions politiques. Même si des personnes n'ayant pas fait ces grandes études pourraient toujours être élues plus jeunes, cela constitue de fait une barrière d'âge qui peut ne pas toujours être comprise.
| RECOMMANDATIONS DE MISE EN ŒUVRE |
Aller très vite dans la mise en œuvre sans écouter les cries d'orfraies d'élites déconnectées. Cette mesure ne coûte rien aux finances publiques et au peuple.