🔶 Édito du 18 mai 2026
Pour ce premier édito, l'épineuse question du prix des carburants.
Quelques soient les développements de la crise au Moyen-Orient, le prix des carburants va rester élevé longtemps encore. Même si le détroit d'Ormuz était réouvert dans les jours prochains, ce qui est très improbable, revenir à la normale mettrait des mois. Les assureurs des armateurs ne sont pas prêts à assurer aux prix d'avant la crise de si tôt et les infrastructures énergétiques abîmées mettront des mois voire des années à être réparées.
En France 60% du prix des carburants, ce sont des taxes. La logique serait donc de les baisser le temps de la crise, comme d'ailleurs le font les gouvernements de nos voisins .
Mais le gouvernement français le refuse en bloc en utilisant un argument d'une malhonnêteté intellectuelle confondante. Dans la situation budgétaire difficile, "baisser ces taxes serait accroître le déficit". Un raisonnement simpliste, ou plutôt un élément de langage, qui omet volontairement les conséquences de ce refus de baisser les taxes, des faillites d'entreprises en cascade, des pertes de pouvoir d'achat pour les classes moyennes et populaires des campagnes et des zones périurbaines déjà paupérisées, des drames sociaux d'infirmières qui ne peuvent plus se rendre chez certains de leurs patients, ..., et au final une réduction des déplacements qui entraîne une baisse des recettes fiscales sur les carburants, sans compter les impôts qui ne rentrent plus des entreprises qui ont fait faillite. C'est d'ailleurs parce qu'ils ont compris cette réalité que les gouvernements des pays voisins les ont baissées. Remarquons également que ce même gouvernement qui utilise l'argument budgétaire refuse de remettre en cause les engagements coûteux que le Président ne cesse de prendre à l'étranger. Pour ces dépenses somptuaires il n'y a bizarrement plus d'argument budgétaire. Sans compter les innombrables gabegies de l'Etat français auxquelles nos gouvernants depuis 50 ans refusent obstinément de s'attaquer!
Mais il y a une autre raison plus idéologique à cette obstination. Elle est exprimée par un autre élément de langage. La solution serait "d'accélérer la transition vers l'électrique". Comme si cette transition pouvait être réalisée instantanément car l'urgence économique et sociale, elle, est bien réelle. Comme si on pouvait demander à des travailleurs pauvres de dépenser 35000€ dans une voiture électrique. Comme si l'impact écologique positif d'un passage à l'électrique était avéré. Quid des batteries, de leur fabrication, de leur renouvellement et de leur recyclage impossible. Quid des terres rares contrôlées à 80% par la Chine. Quid de la quasi disparition de l'industrie automobile européenne tellement le retard sur la Chine est important. Quid des progrès techniques majeurs qu'avait réussi l'industrie automobile européenne en fabriquant des nouvelles voitures thermiques économes. Quid du manque de production électrique compensé par des centrales au gaz et au charbon suite à l'arrêt d'une partie de la production nucléaire par idéologie. Quid des des lourdes batteries qui augmentent le rejet de particules fines au freinage!
Car ce qui compte pour nos "élites" politiques et médiatiques est de maintenir coûte que coûte le storytelling pseudo écolo de l'électrification et de l'arrêt du thermique "pour le climat" quel qu'en soit le coût économique, social et ... écologique! L'écologisme, l'idéologie pseudo écolo, a remplacé la vraie écologie et le bon sens!
Mais, on peut aller plus loin encore dans le raisonnement. Pourquoi n'a-t-on pas sanctuarisé les taxes jusqu'à 80 dollars le baril, le prix avant la crise, et ne les a-t-on pas supprimées au delà? Cela aurait permis de conserver les recettes fiscales du budget voté et de soulager les entreprises et les travailleurs pauvres. Cette alternative crédible n'a même pas été envisagée. L'idéologie, le conformisme intellectuel, l'absence de sens de l'intérêt général et de volonté de travailler pour la souveraineté de la France par idéologie globaliste et l'absence de bienveillance envers le peuple, les deux mamelles d'une politique normale, explique cet incapacité de concevoir cette basique alternative crédible.
Vous comprenez mieux les 2 parti-pris pour la souveraineté de la France et pro-peuple de ce think-tank. Il n'y a pas de bonne politique sans ces 2 parti-pris. Pour le reste, pragmatisme, non sectarisme, compétences techniques, expérience professionnelle, vécu et surtout créativité suffisent!
Philippe Dervaux
Président de l'Alternative Crédible