Pour "l'Ecologie Libre d'Actions", Contre "l'Ecologie Punitive de Statistiques"
Plus d'objectifs de décarbonation et donc plus de marché du carbone et de mesures de "l'impacte carbone"; plus d'objectifs d'électrification et donc plus d'interdiction des véhicules thermiques en 2035; plus d'objectifs d'ENR et donc plus de Marché Européen de l'Electricité; plus de DPE, de ZFE, de ZTL, ...!
Il vous semble sans doute paradoxal de réclamer cela en pleine période de canicule où l'on vous rabâche matin, midi et soir l'urgence de "la transition climatique", mais c'est la solution "révolutionnaire" que je propose pour faire enfin massivement de la "vraie" écologie. Car je ne nie absolument pas la nécessité de faire urgemment et sérieusement de l'écologie.
Oui il y a bien un problème majeur d'appauvrissement généralisé de la biodiversité. Des milliers d'espèces ont disparues depuis 1 siècle, d'autres sont en voie d'extinction. Il y a de moins en moins d'abeilles dans l'air et de moins en moins de vers de terre par mètre cube de terre dans le sol. Le sperme humain ne cesse de s'appauvrir en spermatozoïdes dynamiques aptes à la fécondation. Il y a une infinité d'exemples similaires. Cette généralité d'un appauvrissement de la biodiversité s'observe partout sur la planète. De plus, il est évident qu'il faut pour le bien de l'Humanité lutter contre les pollutions. Enfin, il est évident également qu'il faut économiser les ressources naturelles de la planète qui ne sont pas infinies.
C'est donc justement parce que je suis un écologiste convaincu que je veux démolir ce totem de notre époque de "la transition climatique" basée sur le dogme du carbone. Il faudrait selon le discours des grandes ONG écologistes relayées par la presse mainstream réaliser une "transition climatique" au moyen d'une "décarbonation de l'économie" et de toutes activités humaines, avec comme corollaire la mesure partout de "l'impacte carbone". Réduire les rejets de carbone des activités humaines permettrait selon eux de réduire l'augmentation des températures. Il y aurait des objectifs de décarbonation à réaliser absolument avec "une trajectoire carbone" à respecter pour éviter une augmentation catastrophique de plus 2 degrés à la fin du siècle.
Je ne veux pas entrer dans le débat sur la véracité ou non de ce narratif simpliste. Peu importe qu'on y croit complètement ou qu'on le conteste partiellement ou totalement. Remarquons juste qu'il semble un peu présomptueux pour se prétendre scientifique. Remarquons également que l'augmentation du taux de carbone dans l'air semble favoriser la croissance des plantes et donc le "verdissement" récent de la Planète. Car la nature est une équation à 50 inconnues ou plus. Et nous ne sommes capables que de résoudre difficilement des équations à 5 inconnues. Peu importe également que la réalité finisse par le valider totalement, partiellement ou au contraire par l'invalider. Ce que je veux dire est que pendant que l'on perd notre temps et notre énergie à suivre péniblement les injonctions des grandes ONG écolos avec très peu de chance d'obtenir des résultats, on ne fait pas d'écologie ou trop peu. Les 3 grands problèmes écologiques ne sont pas réellement traités. On ne protège pas ou beaucoup trop peu la biodiversité. On ne lutte pas sérieusement contre les multiples pollutions. On n'économise pas assez les matières premières. Quant au rejet de carbone dans l'atmosphère qu'on met tant d'énergie à chercher à réduire, à l'échelle mondiale, il ne cesse d'augmenter!
C'est pourquoi il est temps de réfléchir au "COMMENT on fait de l'écologie". C'est cette question du comment que je veux poser ici. D'abord je veux mettre en garde sur l'inefficacité et les dangers de l'écologie mainstream des grandes ONG écolos que j'appelle "Ecologie Punitive de Statistiques". Ensuite, je veux proposer une autre approche, une façon alternative de faire de l'écologie que j'appelle "Ecologie Libre d'Actions".
Les arguments contre l'Ecologie Punitive de Statistiques:
1) les solutions actuelles pour décarboner l'économie sont contre-productives:
Prenons l'exemple de la fin programmée en 2035 des véhicules thermiques. Cela est d'abord de l'obsolescence programmée. Ces vieux véhicules auraient encore pu durer quelques années. C'est donc du gaspillage de ressources naturelles. Ensuite il y a le problème de la production des batteries avec l'utilisation massive de terres rares, la pollution massive lors de l'extraction sans compter les conditions sociales scandaleuses de ceux qui font l'extraction. Il y a de plus le problème du recyclage des batteries. Quant aux gains escomptés en matières de pollution dans les pays où ces voitures sont utilisées, il est tout relatif. Les derniers véhicules thermiques avaient fait des progrès considérables en matières de consommation de carburant. Et les voitures électriques sont plus lourdes à cause du poids de la batterie. Or 2/3 des rejets de particules fines dans les villes sont dues au freinage dont les rejets sont liés au poids du véhicule. Enfin, l'augmentation en besoin d'électricité, du fait du manque d'électricité produite par l'énergie nucléaire décarbonée, c'est plus d'électricité produite par des centrales à gaz, à charbon ou au lignite. A l'échelle de la planète biensûr, avec l'importation des véhicules souvent de Chine, plus les pollutions des batteries et lors du freinage, plus l'augmentation de la production d'électricité nécessaire faite en partie avec du gaz, su charbon ou du lignite, c'est au global plus de pollutions, plus de rejets de carbone dans l'atmosphère et plus de gaspillage de matières premières.
Idem pour les éoliennes qui artificialisent et bétonnent les sols, qui sont produites avec des terres rares, qui tuent massivement les oiseaux sur terre et les cétacés en mer, et dont le caractère intermittent de l'électricité produite impose d'utiliser massivement les centrales thermiques au gaz, au charbon et au lignite.
Idem sur une quantité d'exemples.
Tant d'efforts pour des résultats si pitoyables, cela devrait interroger tous les écologistes sincères.
2) A l'échelle de la France, et même de l'Europe, cette politique est stupide et suicidaire
La France représente 0,9% des rejets de CO2 alors qu'ils augmentent de 3% par an en moyenne à l'échelle mondiale. Les français vireraient comme des ermites et mangeraient des pissenlits toute l'année, cela n'aurait aucun impacte. De plus, la montagne de normes et de réglementations à laquelle nous soumettons notre industrie et notre agriculture au nom de l'écologie participe de la délocalisation de la production en polluant plus et en rejetant plus de carbone que si c'était produit en France, sans compter le transport.
3) Cela génère corruption et gabegie de notre Etat obèse
Le marché du carbone avec ses droits à polluer achetables est une source reconnue d'enrichissement de la mafia italienne notamment. De plus, la production de normes "écologiques" et leur contrôle génère une bureaucratie considérable qui participe à rendre encore plus obèse notre état. Plus grave, elle génère une élite administrative et politique à la tête des multiples organismes et lobbies de l'écologie mainstream qui profite grassement de rémunérations confortables. C'est biensûr un coût pour la collectivité et un frein pour l'économie. Mais cela participe d'une "guerre des classes sociales" où les bobos des centres-villes ont intérêt à perpétuer le narratif simpliste dont ils profitent largement, au mépris des conséquences sociales pour les "prolos" des zones périurbaines et des campagnes. Se donner bonne conscience avec cette fausse écologie participe de leur identité et estime de soi, au mépris comme on l'a vu précédemment de la réalité écologique.
4) Cela conduit inexorablement à une dictature numérique et à un nouveau féodalisme moyenâgeux
L'obsession de mesurer l'impacte carbone de toute activité humaine, combinée au développement des techniques numériques de flicage, nous conduit inexorablement à aller toujours plus loin, jusqu'au traçage complet grâce à une dictature numérique totale. Déjà, on parle de pass carbone, de monnaie fondante, d'euro numérique pour "orienter les achats", ... Il n'y a plus de limite à cet engrenage. Très vite, les plus riches vont s'acheter des droits à déroger à cette dictature. Les classes moyennes et populaires n'auront plus droit de ne rien faire. La tentation de réserver les matières premières aux plus riches existe déjà et va aller croissant avec leur raréfaction.
Les milliardaires comme Bill Gates et ses amis sont souvent les plus militants de cette "cause" écologique dévoyée. Ils prônent des restrictions drastiques pour le commun des mortels comme l'interdiction de prendre l'avion librement, un contrôle des naissances, la décroissance, ..., mais se rendent, sans y voir la contradiction, aux grands messes des COP pour y prêcher la bonne parole pseudo écolo ... en jet privé! En fait, c'est la constitution d'une caste mondiale qui se réserve le droit de vivre librement en polluant, en rejetant massivement du CO2, en gaspillant sans limites des ressources, tandis que les peuples seront eux soumis aux pires restrictions sous prétexte d'écologie. C'est en fait un retour du féodalisme.
5) C'est philosophiquement et humainement inacceptable
Voulons-nous vraiment vivre toute notre vie dans une société de culpabilisation permanente, de contrôle tatillons, de surveillance généralisée, de restrictions abusives? Est-ce cela la destinée de l'Humanité, réaliser une utopique transition climatique dans 10000 ans ou jamais? Croyez-vous vraiment qu'une telle politique serait tenable dans la durée?
Pour toutes ces raisons, je propose donc une autre approche de l'écologie, une approche positive et dynamique, bien plus humaine et efficace, bien plus compatible avec l'économie:
L'Ecologie Libre d'Actions:
Le principe est de ne pas chercher à réaliser des objectifs chiffés, à remplir des tableaux Excel, à vouloir réaliser une hypothétique "transition climatique", mais à agir concrètement dans 5 axes d'actions forts pour le bien de l'Humanité et de la Nature.
1) Défendre concrètement la biodiversité
- Protéger les espaces naturels par un système de jachères où l'on laisse des espaces se reconstituer sans présence humaine régulièrement. Investir massivement dans les canadairs et dans des pare-feux (même si les pseudos écologistes mainstream sont contre)
- Réduire l'artificialisation des sols en développant le petit haussmannien dans les campagnes et les zones péri-urbain en remplacement du pavillonnaire. Rebâtir notre industrie dans le friches industrielles existantes en investissant dans le rail et les routes pour les relier aux réseaux nationaux
- Investir dans la recherche d'alternatives aux engrais et néocotinoïdes les plus polluants et néfastes à la biodiversité. La solution durable n'est pas l'interdiction sans alternative comme le prônent les pseudos écolos mainstream, mais dans la recherche scientifique d'alternatives
2) Economiser concrètement les matières premières tout en consommant librement.
- Développer le recyclage le plus possible. Pour cela investir et laisser la libre entreprise faire. Des milliers d'entrepreneurs ou de futurs entrepreneurs sont prêts à développer des solutions.
- Refuser l'obsolescence programmée tout en faisant du social, en favorisant au moyen de baisses des taxes et des "achats groupés" (cf idée développée sur ce site) la production massive de biens basiques peu chers, avec peu d'options, mais avec une durée de vie longue et fabriqués en France.
3) Réduire concrètement les pollutions tout en vivant librement
- Favoriser la recherche dans la réduction des pollutions tout en laissant le marché faire librement le tri dans les solutions proposées. Alors que les industriels automobiles européens avaient investis massivement dans la réduction de la consommation de carburant des véhicules thermiques, la stupide planification politique les interdits en 2035. Ce genre de situation ne doit plus jamais arriver ... et il faut revenir d'urgence sur cette interdiction des moteurs thermiques. La réduction des pollutions n'est pas la multiplication des interdictions, mais la multiplication des innovations!
4) Développer l'énergie pas chère et stable pour faciliter le développement économique et améliorer le pouvoir d'achat
- Une énergie abondante et pas chère, la plus stable et constante possible dans sa production, la moins polluante possible est la grande condition du développement économique. Or l'écologie passe par le développement économique contrairement à ce qui semble faussement intuitif et aux partisans inconscients de la décroissance. Dans toutes les zones pauvres du monde, la nature est surexploitée et saccagée. L'énergie nucléaire est ce qui rempli le mieux ce rôle aujourd'hui. Il faut la développer en investissant comme les chinois dans de petits réacteurs, en reprenant Astride, et en investissant dans la recherche.
- D'autres recherches doivent être menées sur d'autres sources d'énergie comme l'hydrogène ou autre. Rechercher de l'énergie pas chère et abondante est une constante de l'Humanité. Cela doit continuer et s'amplifier. "La sobriété énergétique" que prônent les écolos mainstream est une mauvaise solution. Evidemment il ne faut pas faire de gâchis et trouver des moyens de produire autant ou plus en consommant moins. Mais une société de sobriété est une société paupérisée de contraintes et de restrictions. Ce n'est pas la voie à prendre.
5) Multiplier là où c'est possible les solutions locales d'énergies renouvelables en laissant faire le marché et la science
- Les énergies renouvelables doivent aussi être développées. Les solutions pertinentes existent déjà aujourd'hui surtout à l'échelle locale. Elles ne sont pas aujourd'hui compétitives à l'échelle nationale qui a besoin d'une énergie non intermittente. Mais multiplier les initiatives locales et les coordonner le plus harmonieusement possible avec les réseaux nationaux est une bonne chose.
- Plutôt que de soutenir financièrement des secteurs à bout de bras, la solution est réduire les taxes et alléger les réglementations et de laisser faire le marché. C'est la multiplication d'initiatives viables à l'échelle locale qui permettra au secteur de se développer durablement.
Cette façon enthousiasmante et plus modeste de faire de l'écologie serait, elle, tenable sur le long terme car elle serait bénéfique sur les plans économique et social. Et sur le plan écologique, elle serait bien plus efficace. Reposant sur des actions concrètes dans 5 axes majeurs, elle aurait un effet "boule de neige", les premières réalisations encourageant les autres. Elle serait donc infiniment plus efficace pour résoudre les 3 grands problèmes écologiques avérés, les atteintes à la biodiversité, les pollutions et l'épuisement des matières premières. Et elle serait même involontairement plus efficace à "la transition climatique" si au final cela s'avérait vraiment nécessaire!
C'est de toute évidence prendre complètement le contre-pied de ce que prônent les grandes ONG écolos mondiales, le GIEC, les partis écolos gauchistes, Bill Gates et tous les lobbies mondialistes, l'UE et son "Green Deal" et tous les partisans comme Mélenchon d'une "planification écologique". Certains diront que c'est une vision de droite de l'écologie. Il est vrai que l'écologie mainsteam relève d'une vision socialiste des choses. Elle est soutenue par toutes les forces politiques de gauche et les multinationales et lobbies mondialistes dans une alliance que l'on retrouve sur d'autres sujets. L'alternative crédible est-elle un retour à une écologie de droite comme elle l'était à l'origine? Pourquoi pas, mais l'essentiel est de réouvrir le débat sur le "COMMENT" on fait de l'écologie.
Philippe Dervaux
Président du think-tank de l'Alternative Crédible