l'Alternative Crédible

Libérales-sociales, écolos, convivialistes, nos idées ont de l'avance.

Il n'y a pas de démocratie sans partis politiques!

Il est de bon ton aujourd'hui de brocarder les partis politiques, de les présenter comme relevant d'une conception "dépassée" de la politique, de les opposer aux "mouvements citoyens", ... Il n'y pas de candidats à la présidentielle qui ne veuillent "s'affranchir des partis", "trangresser les clivages partisans", représenter les "vrais" gens, ...

 

Et si on faisait complètement fausse route? Ne prend-on pas à tord les faiblesses des partis politiques actuels comme une tare indélébile? Ne confond-t-on pas le conjoncturel avec le structurel?

 

Plusieurs faits devraient nous interroger. Le premier est l'échec des "mouvements citoyens", quelques soient leurs natures. Nous citoyens, Nouvelle Donne et Nuit debout sont des échecs. Ce n'est pas courant de le dire, et sans doute pas très politiquement correcte, mais il faut ouvrir les yeux, ces mouvements n'ont pas répondu aux espoirs qu'ils avaient initialement soulevés et ont très vite pris tous les travers des partis politiques traditionnels. Ils devaient renouveler le débat d'idées. C'est raté. Quelles idées neuves sont issues de ces mouvements? Ils devaient apporter un pragmatisme en s'appuyant sur le vécu des citoyens. C'est raté également. Leurs programmes sont des recueils de généralités que l'on trouve déjà dans ceux des partis politiques traditionnels. Ils devaient donner la parole à des citoyens venus d'horizons différents. C'est encore raté. La sociologie de ces mouvements est celle des partis traditionnels, c'est-à-dire une majorité de bobos dans les grandes villes et de notables ailleurs. Ils devaient apporter des pratiques plus saines, donner corps au fameux "faire de la politique autrement". C'est un échec complet. Ils n'ont pas du tout échappé aux querelles d'égos, aux divisions, à la domination de la com et des postures individuelles sur le débat de fond. Ils devaient réconcilier les citoyens avec la politiques, lutter contre l'abstention et compenser la désafection des partis politiques traditionnels. C'est aussi un échec. Après des débuts en fanfare, ces mouvements sont aujourd'hui à l'agonie. Des dizaines de milliers de citoyens les ont rejoins puis quittés, déçus souvent, écoeurés parfois. 

 

Biensûr, cela ne remet pas en cause le mérite des citoyens qui s'engagent dans ces mouvements. Tout engagement est à saluer car il contribue à la vie démocratique. Ces citoyens s'engagent avec tout leur coeur et plein de bonne volonté. Ces mouvements sont politiquement des alliés naturels du Centre indépendant. Mais il ne faut pas ignorer les difficultés inhérentes à un mouvement citoyen qui refuse par principe toute idéologie et se réfère à l'expérience de chacun de ses membres sur le terrain. Une somme de bonnes volontés et de propositions pragmatiques ne fait pas un programme cohérent. Comment, par exemple, coordonner les revendications contraires d'un artisan et d'un auto entrepreneur? En politique, il faut trancher, hiérarchiser et donner du sens. Les mouvements citoyens sont contraints sur la plupart des sujets au plus petit dénominateur commun, c'est-à-dire à la bien-pensance facile. C'est leur grande faiblesse sur le fond. 

 

Au contraire, le seul mouvement politique qui a progressé ces 20 dernières années est le Front National. Certes, il n'a que quelques dizaines de millers de militants et peu d'élus. Mais il a incontestablement élargit son électorat et acru l'influence de ses idées. Et pourtant, il a beaucoup des défauts reprochés habituellement aux partis traditionnels. Sa direction est plus qu'un entre soi entre barons, c'est carrément une entreprise familiale! Si les mouvements citoyens refusent l'idéologie, le FN la cultive! Quant à l'exemplarité du FN, elle ne saute pas aux yeux. 1 élu sur 10 du FN a démissionné à cause de querelles de personnes! Proportionnellement à son nombre restreint d'élus, le FN a un nombre impressionnant de casseroles!

 

Les autres partis sont sur une pente descendante. Les Républicains sont les moins affaiblis. Certes ils sont divisés sur les questions identitaires entre "les identitaires" et les partisans de "l'identité heureuse", autrement dit entre les partisans de l'assimilation et les partisans de l'intégration, mais ils conservent encore un nombre important de militants actifs et une vrai cohésion de groupe. Tous les autres sont en phase d'effondrement, menacès à court ou moyen terme de disparition pure et simple. 

 

Les français décrient les partis, mais en réalité ils n'accordent leur confiance qu'aux partis organisés. Les deux forces politiques encore dotées de partis forts, LR et le FN, dominent le paysage électoral. Hollande a été porté au pouvoir parce qu'il a été désigné comme représentant d'un PS encore organisé à l'époque. Bayrou a échoué en 2007 et 2012 parce qu'il ne s'appuyait pas sur un parti fort. 

 

Il faut cesser de s'illusionner, une démocratie ne peut pas fonctionner sans partis politiques tout simplement parce son essence est de faire du débat public ce qui légitime la prise de pouvoir politique. Si les partis disparaissent, ce ne sont pas des citoyens éclairés qui prendront le pouvoir, mais des lobbys! Et ceux-ci confiront immédiatement la gestion de l'ordre public à un satrape autoritaire à leur botte! 

 

Notre démocratie est malade de la faiblesse de nos partis politiques, pas de leur existence. La voie à emprunter n'est pas de chercher des alternatives aux partis politiques, mais de permettre l'éclosion de partis alternatifs qui renouvellent le paysage politique. Nous devons protéger les partis politiques des comportements anti-démocratiques que peuvent adoter en interne certains de leurs dirigeants et faciliter le renouvellement du paysage politique. 

 

Voilà pourquoi, L'Alternative Crédible propose comme idées pour avoir des partis qui se portent mieux, qu'en cas de disfonctionnement manifeste, l'obligation pour les partis politiques d'adopter un modèle de fonctionnement démocratique en interne choisit parmi une palette de différents modeles de fonctionnement prédéfinis. Nous devons absolument protéger la démocratie interne de chaque parti. C'est la base pour une démocratie saine. Ensuite, il faut introduire une dose significative de proportionnelle aux législatives pour permettre à de nouvelles forces d'émerger. 

 

Un parti est par essence porteur d'un projet de société et rassemble des citoyens qui adhèrent à ce projet de société ainsi que des intérêts divers qui portent ce projet de société. Lorsque son projet de société ne suscite plus l'adhésion ou lorsqu'il ne répond plus aux intérêts qui le soutiennent, il est normal qu'un parti disparaisse. Mais alors, dans une démocratie qui fonctionne bien, d'autres émergent et le remplacent. 

 

La maladie de notre démocratie est tout simplement que beaucoup des partis en place n'ont plus les bases nécessaires pour exister, mais qu'au lieu de disparaitre, ils s'accrochent au pouvoir en bénéficiant des blocages d'un système qui empêche l'émergence de nouvelles forces politiques. Débloquons le système et laissons préricliter certains et émerger d'autres. Mais de grâce, arrêtons cette litanie anti-parti qui sape les fondements de notre démocratie!

 

Philippe Dervaux

 

 

 

 

 

 

 

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