l'Alternative Crédible

Le think-tank du centrisme populaire, des  gilets jaunes  et du      mouvement 5 étoiles France.

Les solutions à la crise de la dette existent.

 

(article écrit en 2011 et non réactualisé depuis car faisant parti des articles fondateurs du site. Une réflexion plus actuelle est réalisée dans les articles avec une entête de couleur violette.)

 

 

 

 

 

 

Il n'y a pas de fatalité. Une politique réaliste  de sortie de la crise de la dette existe.

 

 

Seule l'émergence d'un Centre fort permettra de la mettre en oeuvre.

 

(article écrit en 2011 et non réactualisé depuis car faisant parti des articles fondateurs du site. Une réflexion plus actuelle est réalisée dans les articles avec une entête de couleur violette.)

 

François Bayrou a le premier sonné l'alerte sur le problème de la dette. Il est donc le plus légitime sur le sujet. Sur le fond, face à la crise, il y a une urgence: mener enfin la seule politique qui peut nous en sortir, c'est à dire une politique sociale-libérale, imaginative, réaliste et juste. L'équation de base à résoudre pour trouver une solution à la crise de la dette est "Comment dépenser moins sans casser la croissance, tout en relançant en parallèle la production française?" Autrement dit: "Comment éviter l'austérité de Droite et rompre avec le laisser-aller de Gauche?"

 

 

  

 

Ne laissons pas ce sujet aux seuls experts autorisés. En dehors du fait qu'ils n'ont pas prévu la crise des subprimes et qu'ils proposent unanimement tous la même solution catastrophique à la crise des finances publiques, leur langage sophistiqué et opaque vise à masquer la réalité. Il est pourtant possible de décrire en langage simple cette réalité.

 

1) Il faut dépenser moins. Il n'y a qu'une façon pérenne de réduire notre déficit structurel, c'est de s'attaquer aux clientélismes (de Droite et de Gauche) qui en sont à l'origine. Il faut donc complètement réorganiser la fonction publique, la formation professionnelle et la médecine.

 

2) Cependant, il ne faut pas couper dans les dépenses sociales comme le prône une certaine droite, mais inventer dans la mesure du possible de nouvelles formes de social peu coûteuses en remplacement des formes de social actuelles, trop souvent basées sur la subvention. La mutuelle en remplacement de la caution proposée par François Bayrou en 2012 est un exemple de ce qu'il est possible de faire. Il ne faut pas non-plus remettre en cause le statut de fonctionnaire ni démanteler le droit du travail. C'est une différence fondamentale entre la Droite néo-libérale et le MoDem humaniste.

 

3) Pour produire en France, il faut d'urgence rebattir un état stratège. De Gaulle l'avait fait avec succès dans le nucléaire et l'aéronautique. Les allemands l'ont fait ces 20 dernières années dans les énergies renouvelables.

 

4) Cependant, il n'y a pas de réindustrialisation possible sans une amélioration de notre productivité. Si on écarte la solution du démantèlement du droit du travail par humanisme, il ne reste plus que la solution de la réduction des charges sur les entreprises pour l'améliorer. Or cela n'est possible que si on dépense moins. La boucle est bouclée.

 

Examinons maintenant les solutions techniques à notre disposition:

 

1) Le rachat de la dette des états par la BCE ou le prêt de la BCE directement aux états à un taux très faible. Cela demande au préalable de revenir sur la loi de 1973 qui l'interdit. C’est la solution la plus efficace pour réduire le poids de la dette, mais elle a 2 effets négatifs : elle incite à ne pas faire d’efforts et à s’endetter encore plus, et elle constitue de fait une création de monnaie qui entraîne de l’inflation et, par conséquent à moyen terme, un appauvrissement généralisé.

 

2) Le prêt par la BCE aux banques à un taux très faible pour les alimenter en liquidités et leur racheter leurs dettes et leurs créances pourries. Cela évite la faillite de banques et le « credit crunch », mais a pour défauts d’inciter les banques à continuer à spéculer comme avant, sans être forcément très efficace pour les inciter à prêter à l’économie réelle. Elle constitue également une création de monnaie.

 

3) Une politique de réduction des dépenses publiques. C'est du bon sens car il est évident que l'augmentation structurelle des dépenses publiques nous conduit dans le mur. Mais réduire les dépenses publiques est plus facile à dire qu'à faire. La Droite prône d'ailleurs depuis des années une politique d'austérité classique. Mais le défaut majeur d'une telle politique est qu'elle provoque mécaniquement une réduction du pouvoir d’achat, et par conséquent de l’activité économique. Cela entraîne la faillite d’entreprises et l’augmentation du chômage, et donc une baisse des recettes de l’état et une hausse des dépenses sociales, … et au final un endettement encore plus fort! Néanmoins, cette vérité que l'austérité classique est contre-productive pour réduire le déficit permet à la Gauche et aux détracteurs du capitalisme de tous poils, aux souverainistes, et aux nationalistes de discréditer l'idée d'austérité. La vérité est ailleurs. Les mesures "d'austérité classique de droite" qui obéissent au principes du néolibéralisme sont effectivement une erreur. Mais il existe "une austérité alternative", qui consiste à réorganiser l'Etat en profondeur et avec humanité. Et cette austérité alternative est la clé du succès car elle permet de réduire structurellement les dépenses sans atteindre le pouvoir d'achat.

 

4) L’augmentation des impôts. Il semble logique et juste de reprendre les cadeaux fiscaux faits aux plus privilégiés. Mais il n’est pas possible d’accroître les charges sur les entreprises, et accroître encore les charges sur les classes moyennes va vite devenir insupportable. Il reste la possibilité de créer une TVA sociale. Elle a de nombreux avantages, mais également des inconvénients comme de peser sur le pouvoir d’achat, notamment des moins favorisés, et surtout d’inciter encore plus à consommer les produits à bas coûts, c’est-à-dire souvent des produits importés. Une autre piste est de taxer certaines transactions financières à un taux très faibles pour donner des recettes propres à l’Europe tout en limitant la spéculation financière.

 

5) L'Etat stratège pour relancer le coeur de l’économie qu'est l’industrie, et donc d’augmenter les recettes publiques à long terme. La désindustrialisation est due à une perte de compétitivité et à des politiques inadaptées, que ce soit au niveau national comme au niveau européen. Seul François Bayrou propose de traiter ce problème sérieusement.

 

6) Créer des projectbonds, des obligations européennes communes pour des dépenses d’investissement susceptibles de relancer la croissance.

 

7) Créer des eurobonds. Cependant cette solution technique n’est possible qu’après avoir mis en place une vraie coordination des politiques économiques. Sinon elle n’est pas viable et revient faire porter les dettes des nations en faillite par celles qui tiennent encore, ce qui incite à l’irresponsabilité des premières, et, est logiquement refusé par les secondes. Les allemands s'y opposent majoritairement car ils ne voient pas pourquoi leurs efforts serviraient à garantir (payer?) les dettes de ceux qui n'en font pas.

 

Mais sa mise en oeuvre, particulièrement en France, nécessite une véritable révolution politique, car elle demande de rompre avec les clientélismes, les corporatismes et les compromissions qui ligotent la Droite comme la Gauche à un système à bout de souffle et en faillite.

 

Examinons enfin les actions à mener qui nécessitent de rompre avec la Droite et avec la Gauche, et de refuser en 2012 une nouvelle alternance stérile entre les deux.

 

1) Réduire les dépenses publiques, particulièrement dans les collectivités territoriales, en inventant un autre modèle d'état, qui offre des garanties plutôt que de distribuer des subventions ou des allocations. Remettre en cause une partie de la décentralisation qui conduit dans les faits à multiplier les doublons. Contraindre les collectivités locales à mutualiser les moyens et à réduire les dépenses, particulièrement les dépenses de fonctionnement.

 

La multiplication actuelle des states administratives génère des doublons. Mais les fausses privatisations que sont la délégation au privé de missions de service public génèrent très souvent aussi des situations de gabegie, voir de corruption. La multiplication des textes de lois et des réglementations de toutes natures, entraîne une multiplication des coûts administratifs. Faire le ménage dans ces pratiques sans s'en prendre aux personnels du public est une partie du concept d'austérité alternative.

 

2) Inventer de nouvelles formes de social, qui permettent de protéger mieux en dépensant moins. L'état dépense de plus en plus pour le social (Conseils généraux compris), et devient de plus en plus impuissant à lutter contre la précarité et le mal-logement. Ces innovations sociales sont possibles et obligatoires, car n'oublions pas que l'équation de sortie de crise est de réduire les dépenses sans faire d'austérité classique.

 

3) Imposer une véritable politique de justice sociale qui commence par une véritable politique de justice fiscale. Il faut commencer par annuler les incroyables cadeaux faits aux plus privilégiés (loi Tepa, niche Copé, ...). Il faut poursuivre par la création de 2 tranches supplémentaires  à 45% et 50% de l'IR. Il faut terminer par une politique d'incitation très forte à la réduction de l'échelle des salaires dans l'entreprise, avec par exemple l'obligation de publier l'échelle des salaires de chaque entreprise.

 

4) Mettre en place une régulation réelle de la finance. Beaucoup de mots ont été prononcés, quasiment aucun acte n'a été accompli. Cela commence par remplacer les régulateurs nationaux par un régulateur européen unique. Cela se poursuit par l'interdiction en Europe de certains véhicules financiers, et un plan sérieux de cessation programmée des échanges financiers avec les paradis fiscaux. Cela se termine par une fiscalité européenne sur certains types de transactions financières.

 

5) Aller résolument vers un fédéralisme patriotique européen. Cela consiste principalement en une plus grande convergence et une meilleure harmonisation des politiques économiques et sociales au niveau européen, une Europe protectrice des européens et de l'industrie européenne en promouvant l'équité du commerce internationale (avec une TVA sociale et écologique européenne), et une plus grande démocratisation des institutions européennes. .

 

6) Mener une véritable politique industrielle. Sans revenir à la planification, il faut sans complexe organiser "l'état stratège". Cela commence par former des hauts fonctionnaires représentants de l'état dans les conseils d'administration avec une autre formation que celle délivrée à l'ENA et dans les grandes écoles aujourd'hui. Un représentant de l'état devrait avoir une vraie culture et expérience industrielle plutôt qu'une culture limitée aux dogmes du néolibéralisme de l'économie de "création de valeurs". Il devrait aussi être animé par des sentiments patriotiques au lieu d'un snobisme méprisant et élitiste. Il faut ensuite transférer les charges sociales sur la TVA, supprimer les effets de seuils, simplifier les réglementations, faciliter l'accès au crédit, faciliter les transmissions d'entreprises, ... et inciter les consommateurs à acheter français !

 

7) Tout faire pour rehausser le niveau de l'éducation dans le primaire, les collèges, les lycées et les universités. Il faut également adapter sans complexe l'enseignement supérieur aux besoins de l'économie.

 

8) Réformer en profondeur le fonctionnement de notre démocratie. Cela passe par le respect de la séparation des pouvoirs, la promotion de contre-pouvoirs dans tous les domaines, et l'adoption d'une dose de proportionnelle aux législatives pour une meilleure représentation des forces politiques. Cela signifie également de s'affranchir de l'influence des clientélismes, des corporatismes, et des lobbys, ainsi que de faire l'inventaire complet des contrats et délégations de services publics signés par les collectivités locales pour faire la chasse aux gaspillages et aux surfacturations que les multiples compromissions entre les oligopoles et des personnalités locales ont entraînés.

Vous comprenez aisément que jamais ni la Droite ni la Gauche ne mettront en place ces mesures. Elles ne sont capables que de faire diversion pour cacher notre inexorable déclin industriel qui conduit à notre appauvrissement progressif. Leurs réponses à la crise ne consistent au final qu'à faire de multiples économies de bout de chandelles qui déstabilisent nos services publics, et à faire en urgence, pour tenter de reculer le moment fatidique de la faillite, de constantes augmentations d' impôts.

 

La vraie question est: sommes nous prêts à faire cette révolution politique, ou sommes nous condamnés à subir le déclin et l'accroissement perpétuel de la pression fiscale?

 

Philippe Dervaux

 

 

PS: Certains proposent la sortie de l'euro comme solution pour permettre "une dévaluation salutaire". Ils oublient que l'essentiel de notre dette est libellée en euro, et qu'une telle solution entraînerait donc un renchérissement catastrophique de notre dette. Ils dénoncent souvent la spéculation de la finance internationale sur la dette. C'est vraie qu'une de nos faiblesse est notre trop grande dépendance envers la finance internationale du fait que notre dette est essentiellement détenue par des investisseurs internationaux. On peut le reprocher à la politique suivie par l'agence France Trésor, qui à l'inverse du Japon, n'a pas cherché à ce que notre dette soit détenue par des investisseurs français; ce qui n'enlève rien à sa grande compétence unanimement reconnue. Mais il faut arrêter de se voiler la face et de chercher des boucs émissaires. Notre problème de dette ne vient ni de l'euro, ni de la finance internationale, mais de notre mode de fonctionnement. Sortir de l'euro et s'en prendre aux banques sont des fausses solutions. La solution est en nous.

 

 

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