l'Alternative Crédible

Le think-tank du centrisme populaire, des  gilets jaunes  et du      mouvement 5 étoiles France.

Il n'y a pas d'alternative à l'Alternative!

 

Lettre à mes amis centristes

 

Contrairement aux préjugés, les français ne se détournent pas de la politique. Les débats télévisés sur des sujets politiques n'ont jamais été aussi nombreux et les discussions politiques enflammées aux comptoirs des bistrots n'ont jamais disparues. 

 Le monde a changé depuis 1900 mais notre système politique reste structuré sur le même clivage Gauche Droite qui, sur le plan économique, repose sur l'opposition d'intérêts entre salariés et patrons et qui, sur le plan sociétal, est un avatar des clivages anciens entre laïcards et chrétiens, puis entre progressistes et conservateurs, et qui s'est mué depuis les années 90 en concurrence entre une idéologie hygiéniste et une idéologie sécuritaire et identitaire.

 

Or salariés et patrons ont aujourd'hui plus d'intérêts convergents que d'intérêts divergents et ces intérêts convergents sont les intérêts communs de ce que j'appelle la classe moyenne productive*(1) face au cartel des profiteurs et des rentes de situation de toutes sortes. Droite et Gauche se sont progressivement tellement liées à des clientélismes électoraux qu'elles sont devenues, chacune à sa façon, dépendantes de ce cartel. En schématisant, elles s'appuient sur deux idéologies socio-économiques, l'une dite libérale pour la Droite mais en réalité néolibérale*(2), et l'autre dite "social-démocrate" pour la Gauche mais en réalité qui perpétue l'assistanat d'un état providence au bord de la faillite. Bien sûr, dans la vie politique réelle les clivages sont moins tranchés. La Gauche a tendance aujourd'hui à "se moderniser" en adoptant de plus en plus "le néolibéralisme" de la pensée économique dominante, et la Droite a toujours protégé bien des rentes de situation qui peuvent s'assimiler à de l'assistanat déguisé. D'ailleurs, hormis les postures et les effets de manche, leurs politiques se ressemblent de plus en plus et convergent pour taxer plus la classe moyenne productive, la noyer sous toujours plus de normes et de complexité juridique, lui restreindre ses libertés fondamentales, lui mettre des bâtons dans les roues dans la réalisation de ses projets de vie, ...  tout en la divisant ou en la culpabilisant pour mieux l'étouffer!

 

Car, au delà du volet socio-économique, il y a aussi un volet sociétal à cette "lutte des classes" d'un nouveau genre. L'idéologie sécuritaire et identitaire véhiculée par la Droite sous forme d'instrumentalisation de faits divers bien choisis a pour effet d'opposer les français les uns aux autres, le principe éternel de diviser pour mieux régner, et justifie de rogner sans cesse sur les libertés publiques, tandis que l'idéologie hygiéniste de la Gauche a pour effet de nous conditionner par un moralisme étouffant et "culpabilisant", qui est liberticide également, mais sous une forme plus cachée. Le mieux est l'ennemi du bien. Le principe hygiéniste de gauche du "risque zéro" et le principe sécuritaire de droite de "la tolérance zéro", tous les deux désormais inscrits dans la législation, sont des principes fondamentalement liberticides pour la majorité des citoyens dont seules les élites protégées peuvent en contourner les effets.

 

Enfin, à ce dur tableau des affrontements "socioidéologiques", se rajoute aujourd'hui les préoccupations environnementales imposées par l'urgence écologique, où la nouvelle et salutaire prise de conscience écologique de la majorité des citoyens a déjà été détournée par l'écologie punitive et l'écologie d'affichage qui sont toutes les deux aussi inefficaces sur le plan écologique qu'elles sont antiéconomiques et antisociales.

 

N'ayons pas peur de faire cette analyse "quasi marxiste" de la situation. La politique n'est pas un monde de bisounours. Il y a toujours des affrontements entre groupes sociaux dans une société que les affrontements idéologiques reflètent, et les différents partis politiques ont pour rôle de défendre ces intérêts respectifs. Le propre de la démocratie est justement de "pacifier" ces affrontements et d'en faire "un débat" utile à l'intérêt général.

 

Même s'il est parfois difficile d'y mettre des mots, la majorité des français ressent un malaise dans le fonctionnement de notre démocratie. Le bipartisme oblige bien souvent à choisir entre deux maux. D'où les alternances qui se succèdent et déçoivent de plus en plus vite. D'où l'aspiration à rechercher une alternative à ce "système" d'alternances stériles entre la Gauche et la Droite. D'où la nécessité de mettre des mots sur nos maux pour savoir ce que nous combattons: néolibéralisme, assistanat, idéologie sécuritaire, idéologie hygiéniste, vision punitive de l'écologie, racisme, démagogie, ...

 

Cette légitime aspiration à l'alternative, l'extrême Droite et l'extrême Gauche essaient de la récupérer en faisant des immigrés pour le FN, des "riches" pour le Front de Gauche et de l'Europe et de la mondialisation pour les deux fronts, des boucs émissaires faciles. Beaucoup se laissent séduire par ces "alternatives non crédibles" et dangereuses. Pour l'instant, la classe moyenne productive résiste encore aux appels du pied du Front National. Mais si elle devait continuer à se précariser et à se paupériser, et surtout si sa marginalisation culturelle par une élite méprisante devait s'accentuer sans qu'aucune autre alternative n'apparaisse, alors le Front National finirait par la récupérer et prendre le pouvoir.

 

Le paradoxe est que la troisième alternative, le Centre, correspond en tous points aux aspirations profondes et aux intérêts fondamentaux de la classe moyenne productive. Et pourtant elle n'a pas l'écho escompté. Leaders, cadres et militants des partis centristes nous devrions nous interroger sur le paradoxe entre le déclin lent et continu du Centre depuis 1981 et le boulevard politique qui s'offre à lui aujourd'hui.

 

Mon analyse est que nous n'avons pas assez conscience de ce que doit être le Centre en 2014. Les courants libéraux, sociaux démocrates, républicains radicaux, démocrates chrétiens, écologistes indépendants et alternatifs de "l'extrême centre", qui composent toute la richesse et la diversité du Centre, doivent s'unir autour d'un corpus idéologique moderne clair et cohérent pour promouvoir le libéralisme authentique et rejeter fermement le néolibéralisme, pour promouvoir une réorganisation complète du fonctionnement de l'Etat, des collectivités locales, du système de santé, de la formation professionnelle, ... au profit des classes moyennes productives, des jeunes, et de l'intérêt général et refuser fermement le démantèlement du modèle social français, pour promouvoir une transition écologique massive des modes de production et de consommation selon une vison progressiste et pragmatique de l'écologie et refuser la vision punitive, anti sociale et anti économique que véhiculent trop souvent les verts et les technocrates de tous bords, pour défendre fermement les libertés publiques contre la conjonction de l'idéologie sécuritaire de l'idéologie hygiéniste et de leur mariage mortifère avec les nouvelles technologies, pour "ressusciter" le rêve européen en promouvant un nouveau fédéralisme européen complètement démocratisé et recentré sur les enjeux stratégiques essentiels, pour ouvrir enfin le débat sur les finalités de notre société, inventer de nouvelles formes de partage de l'usage des biens génératrice de nouvelles formes de pouvoir d'achat et de bien-être, ...

 

Concrètement cette "grille de lecture" devrait nous amener par exemple à proposer un plan de réduction massive des dépenses publiques par "des réorganisations structurelles" et sans effets récessifs (le plan proposé par l'UDI en réponse au plan Valls mériterait d'être mieux connu), à proposer un plan de réduction massive des charges sur les entreprises et de simplification des normes, du code du travail et des procédures administratives sans faire payer aux salariés ces efforts de compétitivité par une précarisation accrue au nom de"la flexibilité" comme le prônent les néolibéraux de tous poils, à refuser fermement la dérégulation folle du Traité Transatlantique et de l'ACS, ... et à défendre en matière sociétale les libertés publiques par la suppression de la vidéoverbalisation, de la verbalisation à la volée, et des objectifs dans la police, par le refus de l'ABC de l'égalité que veut imposer Najat Vallaud Belkacem dans les écoles et par défendre la politique familiale que les socialistes veulent démanteler, par le refus de la pénalisation des clients de prostituées et la demande de réouverture des maisons closes, par la défense de la cigarette électronique contre les lobbys comme une alternative sanitaire et la demande son expérimentation dans les lieux festifs, pour la défense des libertés sur internet et contre les fichages généralisés et sans contrôle ... Oui nous devons oser choquer et déranger avec des prises de position claires!

 

Nous les centristes, nous nous contentons trop souvent de vagues valeurs humanistes européïstes et pour la liberté d'entreprendre qui sont certes sympathiques, mais qui n'ont aucune consistance idéologique. Cette inconstance nous amène à épouser toutes les modes par peur de déplaire, et lorsque nous osons quelques rares prises de position, elles sont incohérentes entre elles et ne défendent aucune logique ni personnes. C'est pourquoi, dès que l'on passe aux choses concrètes, il y a autant d'avis que de centristes. Alors souvent nous ne prenons aucun risque en restant dans le vague, nous ne suscitons donc pas d'opposition, mais nous ne suscitons pas non plus d'adhésion. La preuve, les journalistes invitent de moins en moins de leaders centristes sur les plateaux télé tellement ils ne supportent plus cette phraséologie vague qui ne prend position concrètement sur rien. La preuve également, les partis centristes caracolent en tête dans les sondages mesurant la sympathie de l'opinion à l'égard des partis, mais déclinent sans cesse dans les urnes.

 

Une fois cette autocritique faite et cette prise de conscience réalisée, nous devons nous donner les moyens de nos ambitions. Nous devons cesser de nous contenter d'être "la nuance sympathique" de la Droite à destination des CSP plus. Nous devons changer de culture politique et passer d'un parti de notables à un parti populaire de militants. Pour cela, le Centre doit cesser de vivre sur les acquis de l'UDF et accepter enfin de se refonder. Les interventions des leaders centristes et les prises de position doivent se faire en fonction d'une grille de lecture claire, construite avec les militants, et qui assume de défendre les intérêts liés de la classe moyenne productive, des jeunes et de l'intérêt général. C'est uniquement comme cela que l'on aura la lisibilité nécessaire pour susciter de l'adhésion. Commenter l'actualité, même avec pertinence, ne sert à rien. Ce qu'il faut c'est donner du sens.

 

Sur la forme, pas sur le fond, prenons exemple sur Copé! Il réagit toujours selon une grille de lecture idéologique compréhensible par tous qui défend des intérêts bien compris. Certes il n'est  pas populaire, mais l'UMP gagne toutes les élections partielles depuis plusieurs années.

 

La dernière étape de notre refondation passe par une stratégie politique claire.  Il n'y a plus à tergiverser sur ce sujet. Il n'y a qu'une seule stratégie possible et comprise par les français, "la stratégie Borloo" qui peut se résumer par le triptyque "Rassemblement de tous les centristes au sein de l'Alternative, alliance avec la Droite républicaine et opposition constructive à la Gauche". Cette stratégie est désormais acceptée par Bayrou. Il n'y a donc aucune raison à remettre en cause l'Alternative au nom de vieilles rancoeurs. C'est d'ailleurs en partie parceque Borloo avait fait l'Alternative en novembre 2013 que nous avons multiplier les succès locaux aux municipales en mars 2014. Casser l'Alternative serait réduire le Centre à l'insignifiance. L'opinion nous accorde encore un peu de crédit que parceque nous sommes unis entre le MoDem et l'UDI.

 

Le mot alternative a de multiples sens profonds et n'a pas été choisi au hasard. Sur le fond, comme sur la forme, dans l'intérêt de la France comme pour redonner ses lettres de noblesses au Centre, il n'y a pas d'alternative à l'Alternative!

 

Philippe Dervaux

 

  

 

*(1) Ce que j'appelle "la classe moyenne productive" est composée des salariés, des intérimaires, des entrepreneurs, des auto entrepreneurs, des agriculteurs, des artistes, des médecins et infirmiers, des professions libérales, ...

*(2) Il y a une vraie différence entre le néolibéralisme et le libéralisme.

 

 

 

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