l'Alternative Crédible

Libérales-sociales, écolos, convivialistes, nos idées ont de l'avance.

Les 7 bastilles à prendre

 

Les 7 Bastilles à prendre

 

  

 

image tirée du site http://www.recreavie.com

 

 

 

 

De nombreux français ne croient plus à la politique, et il est vrai que beaucoup de faits leur donnent raison. Les campagnes électorales sont des distributions de promesses tout azimut et des concerts de belles envolées lyriques. Elles ne sont que du théâtre et tout le monde le sait maintenant. On y fait la danse du ventre devant l'électeur pour obtenir une place, et une fois élu, on explique que "le changement va prendre du temps", qu'il faut "s'adapter aux réalités", que toutes les difficultés sont à mettre sur le compte des prédécesseurs, ... A l'aube d'une nouvelle campagne, si on est le sortant, on défendra mordicus son bilan, tandis que si on est le challenger, on noircira celui du sortant jusqu'à la caricature.

 

Cela fait donc longtemps que les français ne votent plus pour le meilleur mais pour le moins mauvais. Cela fait longtemps qu'aucun candidat ne propose plus aucun projet collectif mobilisateur capable de changer concrètement la situation. Peu à peu s'installe l'idée que la politique est impuissante. En privé les politiques disent que de toute façon leurs marges de manoeuvre sont faibles avec l'Europe. Tandis que les responsables européens rejettent l'enlisement du projet européen sur les états qui refusent de déléguer leurs compétences et de donner à l'Europe un vrai budget indépendant.

 

 

Les deux illusions:

 

Au fil des mandats gâchés, la France s'enfonce dans le déficit, la désindustrialisation, le naufrage de son commerce extérieur, le pessimisme sur son avenir, ... et c'est à un véritable déclassement auquel nous assistons. Cependant dans cet article je veux tordre le coup à deux illusions aussi dangereuses l'une que l'autre. La première serait que "la politique est impuissante" et la deuxième que "l'on arrivera toujours à s'en sortir".

 

Contrairement à ce que disent les euro-sceptiques, l'Europe n'est pas la principale responsable de tous nos maux. La première raison est l'incapacité des politiques à enrayer la croissance continue des dépenses publiques. Celle ci entraîne l'augmentation continue des charges directes sur les entreprises et des impôts sur les ménages, ce qui pèse sur la compétitivité des entreprises et sur la consommation des ménages. A cela s'ajoute la complexification continue du système juridico-administratif qui représente des charges indirectes supplémentaires sur les entreprises et décourage les initiatives. Et à tout cela, se surajoute l'instabilité fiscale qui  décourage l'investissement, et l'incohérence des politiques menées qui font que les effets d'une mesure sont bien souvent annulés par les effets d'une autre mesure allant dans le sens contraire.

 

Ainsi, c'est bien une mauvaise gouvernance qui est la cause principale de notre déclin. Il est donc tout à fait possible d'y remédier.

 

Mais tous les indicateurs économiques sont aux rouges et les raisons de notre déclin sont structurelles. C'est donc une erreur de croire qu'après la tempête il y aura forcément le beau temps. Car ce à quoi nous assistons est un véritable déclassement dans presque tous les domaines, dont les effets risquent de faire boule de neige pour nous laisser dans un état d'appauvrissement généralisé et dans une société de plus en plus divisée et violente. Sortir de la pente glissante sur laquelle nous sommes engagés demande un effort collectif colossal. Et nous ne sommes pas du tout sûr d'être capable de relever ce défis.

 

 

La voie du redressement:

 

Je crois que le redressement est tout à fait possible. La voie est connue. François Bayrou s'en est le plus approché lors de ses campagnes présidentielles de 2007 et de 2012, sans aller malheureusement au bout de ses idées, et l'UDI aujourd'hui est le parti qui prend les positions les plus proches de ce qu'il faut faire. En 4 paraphrases, il faut trouver les moyens de réduire la dépense publique sans casser la croissance, tout en relançant l'investissement et la production, ... et tout en menant concrètement la transition énergétique! Pour y arriver, il faut concentrer toutes les énergies dans la préparation sérieuse de l'avenir en rassemblant le pays plutôt qu'en le divisant sur des sujets sociétaux, et en l'ouvrant sur le monde plutôt qu'en se réfugiant dans le statu quo d'un modèle social désuet ou dans un protectionnisme illusoire. Cependant tout n'est pas aussi simple. Personnes n'a jamais pu mener cette politique parce que personnes n'a jamais eu le courage de s'attaquer aux 7 grands blocages de notre société. D'une certaine façon la France doit refaire une révolution. Ce sont 7 bastilles de conservatismes et de clientélismes qu'il faut prendre, sans quoi aucun redressement ne sera possible. C'est donc une véritable "révolution de la lucidité et du courage" (et non dans la rue) qu'il faut faire.

 

 

 

Les 7 Bastilles:

 

  1. Le paritarisme
  2. Les dépenses folles des collectivités locales
  3. La dérive commerciale d'une partie du système de santé
  4. Le lobby de l'agriculture intensive
  5. Le snobisme de l'élite technocratique
  6. L'immobilisme et l'incohérence des politiques du logement
  7. Les 3 injustices qui minent le pacte républicain

 

 

 

1 Le paritarisme:

 

Je ne vais pas me faire que des amis (d'autant que je suis moi même syndiqué!), mais ce système né après la seconde guerre mondiale a fait son temps. Il est impossible de réformer le système de santé et le système social qui sont les principaux postes budgétaires sans le remettre en cause. Rien ne justifie aujourd'hui que les différentes caisses soient gérées par des syndicats. Alors que les finances publiques sont exsangues, rien ne justifie d'empêcher l'Etat et les politiques de reprendre en main leur gestion. Nous devons impérativement nous réorganiser pour dépenser moins mais dépenser mieux. Le système actuel réparti les différentes caisses en bastions syndicaux (salariés et patronaux) où chaque syndicat est prêt à tout pour conserver le sien. Les différents syndicats ne s'entendent que pour ne pas toucher à ce système où ils mangent tous à la même gamelle, ce qui génère un immobilisme qui n'est plus tenable.

 

Les syndicats sont trop faibles en France et ne sont pas assez représentatifs. La solution que je préconise est d'abolir purement et simplement le paritarisme en échange de rendre obligatoire à toute personne qui travaille ou recherche un emploi l'adhésion à un syndicat de son choix (moyennant 5€ de cotisation mensuelle).

 

Cette solution aurait le mérite de la simplicité. Tout le monde serait gagnant: les finances publiques, les syndicats qui régleraient leurs problèmes de trésorerie et de représentativité, les salariés qui auraient tous accès à l'information syndicale même en travaillant dans une petite entreprise, la collectivité dont le monde syndical ne serait plus l'otage de quelques bastions dans les services publics.

 

La France est une République sociale. C'est inscrit dans sa constitution. Elle peut le rester dans l'avenir, tout en se modernisant pour s'adapter à la mondialisation. Il faut juste des politiques courageux et à la hauteur de la situation.

 

 

 

 

 

2 Les dépenses folles des collectivités locales:

 

Savez vous que chaque année les collectivités locales dépenses 1.5 milliards d'euros pour leur frais de communication? Savez vous que depuis 1981 elles ont recruté 1.5 millions de personnes dont 2/3 de fonctionnaires? Savez vous que malgré leur armée mexicaine de cadres sup, elles multiplient les recours hors de prix à des cabinets d'audites, à des cabinets de com, et à des cabinets conseils? Savez vous qu'elles négocient généralement  très mal les Partenariats Privés Publics et les délégations de service public?

 

Cependant, la grande majorité des élus locaux font avec beaucoup de mérite et peu de reconnaissance un travail qui est prenant et ingrat et sont parfaitement honnêtes. Ce ne sont donc pas les personnes qui sont en cause mais un système qui pousse à l'électoralisme et à dépenser toujours plus sans vision de l'intérêt général et de l'aménagement du territoire sur un espace plus vaste que son petit territoire d'élection.

 

La solution commence par la simplification du système administratif et la clarification des compétences. Il faut poursuivre avec la simplification du droit et la suppression d'une grande partie des normes abusivement ajoutées sur la pression de lobbys et d'associations diverses au cours des 30 dernières années. Mais il faut aller plus loin. Il faut un plan d'informatisation maximale et de simplification des procédures permettant une réduction structurelle du personnel administratif. Il faut donner aux élus le plein pouvoir sur la gestion des administrations dont ils ont la charge mais aussi la pleine responsabilité de leur gestion (et investir plus dans la formation des élus). Il faut également décharger les élus municipaux du travail de tri entre les associations. Il est quasiment impossible à un élu de demander la réduction ou la suppression d'une subvention à une association. En dehors du fait que ses moyens de contrôle sont réduits, il n'est souvent pas "politiquement possible" de le faire.

 

Enfin, il faut sacrifier partiellement des vaches sacrées comme "la politique de la ville" qui doit être remplacée par une politique nationale favorisant l'accès à l'économie et au logement. Les investissements dans des nouvelles infrastructures doivent beaucoup plus prendre en compte les frais de fonctionnement engendrés. Les politiques culturelles doivent beaucoup plus être mutualisées entre territoires et associées à une politique des transports adéquate.

 

L'Etat aussi doit faire des efforts et arrêter de décentraliser sans prévoir les moyens derrière. L'Europe et l'Etat doivent faire d'urgence un tri dans les 400 000 normes qu'elles imposent aux collectivités locales. Les citoyens doivent également faire un effort pour réduire leurs exigences envers les collectivités locales. C'est politiquement incorrecte de le dire, mais lors de la mise en place de projets, on ne peut pas indéfiniment rallonger les procédures de concertation. La démocratie participative a ses limites. Les exigences des uns sont les impôts des autres. Tout le monde doit participer à l'indispensable simplification du système et à la réduction des coûts. Ce devrait même être les principaux critères de réélection!

 

 

 

 

 

3 La dérive commerciale d'une partie du système de santé:

 

Les personnels des urgences font un travail remarquable avec bien trop peu de moyens. Malgré toutes leurs protestations depuis des années, on refuse de leur en accorder plus. Les médecins de campagne font des horaires à rallonge avec une dévotion qui force le respect. Malgré la multiplication des déserts médicaux dus au peu d'attractivité de leur métier pour les jeunes, on ne cesse d'augmenter leurs charges administratives. Les sages-femmes font un travail magnifique avec un sous-statut. Malgré les exigences toujours croissantes qui pèsent sur elles (il y a très peu d'hommes), on refuse de réévaluer leur statut et maintenant, on réduit même de 4 à 3 jours la durée d'hospitalisation après l'accouchement pour faire des économies de bout de chandelles!

 

Et pendant ce temps, le coût de notre système de santé explose tandis que de plus en plus de patients sont confrontés à une inquiétante dérive commerciale qui entraîne des situations scandaleuses.

 

Notre système de santé est profondément malade parce que nous l'avons laissé tombé en grande partie sous la coupe du lobby du médicament et de nababs de la médecine qui profitent du système pour s'octroyer des rémunérations indécentes. Les médecins sont formatés dans les grandes écoles pour ne concevoir la médecine que sous l'angle d'une médecine réparatrice à coups de médicaments. Une fois dans la vie active, ils sont sous la pression permanente des visiteurs médicaux envoyés par les laboratoires. Le service public hospitalier est faussé par les exigences toujours plus grandes de calculs des coûts, par le calcul des budgets avec la rémunération à l'acte et par la captation des activités médicales rentables par des médecins travaillant sous statut privé à leur profit au sein de l'hôpital.

 

Nous payons 10 milliards d'euros plus chers nos médicaments que nos voisins européens. Nous consommons 25% de médicaments en plus qu'eux. Des abus de plus en plus graves et fréquents sont commis où l'on voit des opérations complètement inutiles faites uniquement pour des intérêts commerciaux tandis que des actes urgents sont retardés uniquement pour faire des économies immédiates ou par manque de lits ou de personnels. Certains hôpitaux sont devenus des usines déshumanisées ou les "erreurs" se multiplient de façon inquiétantes. Des patients sont gavés de médicaments aux effets secondaires dangereux.

 

La situation des personnes âgées ne cessent de se dégrader. Les maisons de retraite sont hors de prix pour des services souvent bien maigres. Elles sont la proie d'investisseurs cherchant des profits faciles. Les personnes âgées sont de moins en moins soignées pour les pathologies aigues, ce qui revient de fait à des euthanasies déguisées.

 

Il y a plusieurs raisons à ce tableau de plus en plus sombre. La première est le trop faible recours à la médecine naturelle qui n'est pas vu en France comme complémentaire de la médecine "chimique" mais comme un concurrent ou un simple charlatanisme. Il y a la gangrène du clientélisme et du corporatisme dont la Droite est complice par intérêt et la Gauche par faiblesse. Il y a la judiciarisation grandissante des erreurs médicales qui entraîne un coût de plus en plus exorbitant en assurance pour les professionnels de santé. Et comme ce coût finit par être répercuté dans les dépenses publiques, il faut absolument le réduire. C'est pourquoi, je propose de ne plus sanctionner financièrement les erreurs médicales au civil, mais de sanctionner uniquement les plus graves au pénal.

C'est pourquoi aussi je propose de réhabiliter la médecine naturelle et l'éducation à la santé dans notre système de santé et d'en faire un des 3 pôles autour desquels il serait réorganisé. Les 2 autres pôles seraient les urgences (autour desquelles serait organisé le reste de l'hôpital) et la médecine d'entretien sous forme de centres médicaux en secteur 1 dans les villes et de cabinets regroupant plusieurs médecins dans les campagnes.

Je propose de développer les maisons de retraites sous le statut de coopératives à but non lucratif et d'aligner les prix des médicaments en France sur ceux des voisins par tous les moyens. Je propose enfin une réduction drastique de la charge administrative pesant sur les personnels de santé et ... une limite du temps consacré à des activités privées pour les médecins travaillant dans l'hôpital à 1/3 de leur temps de travail mensuel.

 

Il est temps de dire qu'être mieux soigné ce n'est pas dépenser toujours plus d'argent!

 

 

 

 

 

4 Le lobby de l'agriculture intensive:

 

Une catastrophe écologique est en cours. L'emploi des pesticides, des fongicides, des engrais et surtout des insecticides est à l'origine de deux maux catastrophiques: la disparition d'une grande partie des abeilles domestiques et plus généralement des insectes pollinisateurs, et l'appauvrissement progressif des terres agricoles.

 

Même le président Obama en fait une priorité aux USA. En France, la pollinisation de 85% de nos plantes est menacée. Nous sommes le premier consommateur d'Europe de pesticides. Nos jeunes agriculteurs sont encore formés dans les lycées agricoles uniquement à ce modèle d'agriculture intensive. La FNSEA se mobilise encore prioritairement pour défendre ce modèle dépassé. Les politiques sont encore largement sous l'influence des lobbys industriels d'un modèle conçu dans les années 50 pour répondre à l'augmentation de la demande.

 

La solution est d'investir d'urgence dans un modèle alternatif d'agriculture raisonnée ou bio qui peut être intensif. Il existe par exemple des pesticides naturels qui utilisent des insectes mangeurs des insectes gênants pour les plantes et qui ont le mérite de rétablir l'équilibre naturel plutôt que de le détruire. En Allemagne, un réseau de grandes fermes bio associées chacune à une centrale de production d'énergie renouvelable s'est constitué.

 

Il faut également sanctuariser les terres agricoles pour éviter leur grignotage permanent par l'extension des villes et la spéculation et encadrer la fiscalité foncière agricole pour éviter les abus des collectivités locales.

 

Première agriculture d'Europe pendant des siècles, la France a déjà été rattrapée par l'Allemagne en quantité et en qualité. Notre agriculture va mal. La sur consommation d'engrais et de pesticides est un grave problème de santé publique dont les agriculteurs eux-même sont les premières victimes. Il est plus que temps de s'attaquer au lobby de l'agriculture intensive et de rechercher un modèle alternatif!

 

 

 

 

 

5 Le snobisme de l'élite technocratique:

 

Le bon sens est devenu un gros mot en France. Il est pour beaucoup de technocrates arrogants la revendication méprisée du bon peuple ignorant. Toutes les solutions proposées par "les sachants" prennent bien soin de s'éloigner le plus possible des solutions de bon sens. Le système des grandes écoles favorise l'entre-soi et le réseautage de ceux qui y ont accès. La sur évaluation du diplôme et la sous évaluation des compétences acquises en comparaison de ce qu'il se fait par exemple dans le monde anglo-saxon favorisent le développement d'une caste qui se partage les meilleures places et vit à l'abris de la précarité que connaissent les autres.

 

Naturellement cette caste promeut une vision de l'économie ultra libérale favorisant la flexibilité pour les autres mais se gardant bien de remettre en cause les rentes de situation dont elle bénéficie. Les heureux membres de cette caste sont tous formatés dans le même moule des mêmes grandes écoles qu'ils ont fréquentées.  Ils donnent une place excessive au juridisme et accroissent sans cesse la complexité administrative et juridique. Ils n'ont pas d'imagination et ne proposent que des nouvelles taxes ou des nouvelles réglementations comme réponses aux problèmes. Et c'est cette complexité bien souvent inutile qui est l'une des premières causes de l'augmentation abusive des dépenses publiques. Elle est de plus terriblement discriminante socialement dans le domaine judiciaire et entrave l'intégration économique des plus fragiles. Elle est pénalisante pour l'économie parce qu'elle génère des charges indirectes sur les entreprises. Elle est destructrice politiquement parce qu'elle refuse toutes les solutions de bon sens issues de l'expérience des gens de terrain et elle érige ainsi une barrière infranchissable entre les élites et le peuple.

 

Faut-il fermer l'ENA? Même si cela ne serait qu'une mesure symbolique, la question se pose réellement tellement la collusion des élites entre elles est patente malgré l'échec cuisant des politiques menées depuis 30 ans. En dehors des affaires de corruption, des affaires Cahuzac, Tapie, Copé, Bygmalion, ..., ces élites développent un tel sentiment d'impunité et de supériorité qu'elles n'ont plus aucun sens du patriotisme. Elles trahissent les intérêts les plus vitaux de la France sans aucune gêne. Elles se vautrent dans la cupidité tout en se drapant dans un moralisme de façade avec un aplomb qui dégouline d'insolence.

 

Cette situation ne peut plus durer et ne durera pas. Elle fait malheureusement le lit de l'extrémisme. Si une alternative populaire au Centre n'émerge pas rapidement, l'avenir de la France risque d'être bien sombre!

 

Je propose donc de diversifier les recrutements dans haute fonction publique et dans la politique en faisant plus de place aux personnes issues de milieux modestes ou ayant des parcours atypiques. Je propose d'associer les citoyens à l'indispensable travail de simplification et de réécriture de la loi en créant des "Ateliers citoyens" ouverts à des ouvriers spécialisés, à des techniciens, à des ingénieurs, à des petits patrons, ... et dont le travail serait de faire le tri dans les normes professionnelles de leur domaine de compétence pour alléger et rendre plus cohérent son code juridique.

 

 

 

 

 

6 L'immobilisme et l'incohérence des politiques du logement:

 

Les politiques n'ont que ce mot à la bouche "le logement". Anne Hidalgo en a fait l'axe central de son mandat à la Mairie de Paris. L'Etat y consacre une bonne partie de son budget social. Et pourtant la situation ne cesse de se dégrader. Malgré une demande plus importante que l'offre, la production de logements neufs plonge. Les jeunes ont de plus en plus de mal à devenir propriétaire ou simplement à prendre un logement en location. Les sans-abris se multiplient et le nombre de mal-logés explose.

 

La raison est dans l'incohérence des politiques du logement menées depuis 30 ans parce que l'on est incapable de faire un choix clair entre 2 orientations contradictoires: soit une politique encourage l'augmentation du nombre de logements mis sur le marché pour faciliter l'accessibilité au logement ce qui a pour conséquences d'entraîner la baisse de la valeur du patrimoine immobilier, soit une politique valorise le patrimoine immobilier au détriment de l'accessibilité au logement. Et comme, on cherche tantôt l'un tantôt l'autre, on prend des mesures aux effets contradictoires que l'on annule après pour les réintroduire de nouveau. Par exemple, Sarkozy dans sa loi Tepa avait fait un PTZ (prêt à taux zéro) pour l'ancien, qu'il a finit par supprimer. Après 2 ans de gouvernement, Hollande relance cette idée. Ces va-et-vient constituent un immobilisme global des politiques du logement.

 

Il faut une fois pour toute faire le choix de l'accessibilité. Les jeunes générations sont lésées en France. Baisser le prix des logements c'est offrir un pouvoir d'achat supplémentaire qui va soutenir la demande au moment où l'incontournable nécessité de réduire les dépenses publiques risque d'avoir un effet récessif. Il faut donc impérativement choisir cette politique pour compenser cet effet récessif.

 

Une fois ce choix assumé, il faut que tout aille dans le même sens: meilleure protection des petits propriétaires pour les inciter à remettre des logements sur le marché, simplification drastique des normes de construction pour en réduire le coût, PTZ renforcé sur le neuf (et surtout pas sur l'ancien), incitation au partage du logement sous toutes ses formes par la modulation accrue de de la taxe d'habitation en fonction du nombre d'habitants au mètre carré, diminution des frais de notaires (essentiellement des taxes), création d'une caution systématique de l'Etat pour les jeunes et les précaires, construction massive de logements sociaux et intermédiaires, investissements dans les alternatives (maison en Kit, relancement de la maison à 100 000€ de Borloo, ...).

 

Une politique cohérente du logement est la meilleure façon de soutenir la croissance en redonnant du pouvoir d'achat, en facilitant la mobilité des personnes et en redonnant de l'espoir au jeunes. Nos politiques actuels en sont totalement incapables parce qu'ils ont une vision technocratique des choses où l'on séquence les problèmes au lieu d'en avoir une vision globale.

 

Ils sont également bien trop en réaction à tel ou tel lobby qui se manifeste et auquel ils donnent satisfaction pour un gain politique immédiat. Ils sont enfin très peu mobilisés pour répondre à la souffrance quotidienne de millions de français. Quant à l'intérêt général, c'est le cadet de leur soucis!

 

 

 

 

 

 

7 Les 3 injustices qui minent le pacte républicain:

 

Les français sont viscéralement attachés à la notion d'égalité qui fait d'ailleurs partie de la devise républicaine. Un profond sentiment d'injustice traverse le peuple français. 3 sortes d'injustices minent le pacte républicain et rendent impossible tout effort collectif de redressement national.

 

La première est l'inégalité de traitement entre les salariés du public et ceux du privé. Comment justifier rationnellement des régimes spéciaux qui permettent de partir plus tôt en retraite dans le public alors que l'état des finances publiques est tellement dégradé que le financement des retraites dans l'avenir n'est pas assuré? Comment justifier 3 jours de carence dans le privé en cas de maladie et 0 dans le public? Je préconise la suppression par référendum des régimes spéciaux hormis celui des militaires et 2 jours de carence pour tous. Je ne suis pas pour la suppression du statut de fonctionnaire qui se justifie pour les activités régaliennes et non marchandes par la nécessité de protéger les personnels des pressions les incitant à la corruption. Dans la majorité du reste du monde, les fonctionnaires sont mal protégés s'y adonnent, ce qui est un fléau pour l'économie et les populations.

 

La deuxième est l'incroyable faiblesse des politiques face à la finance et leur dureté avec les entrepreneurs. Contrairement aux discours, rien n'a changé ni avec Sarkozy ni avec Hollande. Pourquoi est on aussi tolérant avec les exilés fiscaux et aussi intolérant avec les entrepreneurs? Les services fiscaux chargés de contrôler les entrepreneurs ne laissent rien passer alors que les lois sont d'une complexité absurde et sont interprétables à souhait. Pourquoi ne fait on pas en Europe comme aux USA en adoptant une loi fatca contre les paradis fiscaux? Pourquoi n'a t-on pas été capable en France d'émettre aucune exigence envers les banques que l'on a pourtant sauvées en 2008 avec des fonds publics? Que fond les administrateurs publics siégeant au Conseils d'administration de certaines banques pour leur imposer de prêter plus aux entreprises?

 

La troisième est la culture de l'excuse systématique pour les élites et la tolérance zéro pour les petits. Tolérance zéro contre les incivilités, tolérance zéro contre les fraudeurs de la CAF, tolérance zéro contre les automobilistes, tolérance zéro contre les fumeurs, ... on ne cesse de nous abreuver de ces injonctions faciles au nom d'un moralisme de façade. Mais pas de vraies sanctions contre Cahuzac, ni contre les responsables des scandales de l'amiante, des prothèses mammaires frelatées, ... ni contre les responsables des innombrables scandales politiques pour lesquels toutes les arcanes du droit sont utilisées pour justifier ou amnistier leurs fautes. Voilà pourquoi je réclame la réhabilitation de l'amnistie présidentielle pour les petits délits, la multiplication par deux des points du permis de conduire pour les professionnels, le retour au 11€ pour les PV de stationnement, ... et l'interdiction d'envoyer quelqu'un en prison pour un défaut de permis même en récidive!

 

 

 

 

Les annexes de ces 7 Bastilles:

 

 

 

annexe de la Bastille 2: Réduire les dépenses des collectivités territoriales en les réorganisant complètement:

 

Ce qu'il est urgent de comprendre est que l'organisation de notre Etat, et plus particulièrement de nos collectivités territoriales, est structurellement trop coûteuse. On n'a pas besoin de réformes cosmétiques ou de coupes aveugles dans les budgets, mais d'une remise en cause conceptuelle de l'ordre existant qui soit suivie d'une remise à plat totale et effective de leur organisation.

 

Beaucoup parlent de supprimer un échelon et de préférence le département. C'est bien sûr mieux que de se complaire dans le statu quo actuel, mais ce n'est pas suffisant et c'est aussi prendre le risque que le transfert des tâches faites par les départements dans d'autres structures s'accompagnent de transferts de personnels et de moyens. Il faut à mon avis une réforme encore plus profonde.

 

Le coeur du problème, ce sont les doublons induits par les chevauchements de compétences. Lorsqu'un créateur d'entreprise demande une aide financière, il doit adresser un dossier à la Mairie, un autre au département, encore un autre à la Région, et encore un autre à l'Europe, en plus bien sûr du dossier à la Chambre de Commerce et de celui à la banque. C'est pareil pour une demande de subventions pour une institution culturelle ou sportive. On peut multiplier à l'infini les exemples de ce genre de situations ubuesques.

 

Voilà pourquoi, je propose une réorganisation où les Régions s'occupent de la politique économique, de la formation professionnelle ,de l'enseignement supérieur et des transports publics. Comme elles n'ont pas aujourd'hui la taille critique pour piloter une politique économique, je propose de les réduire au nombre de 8 grandes régions métropolitaines: L'Ile de France  étendue jusque Tour et Chartres et la Bourgogne, La Région Bretagne Normandie incluant Nantes, La Région Nord incluant la Picardie et les Ardennes, La Région Alsace Lorraine incluant Besançon et le Territoire de Belfort, La Région Lyonnaise, La Région Massif Central Centre, La Région Méditerrannée Provence et La Région Aquitaine Sud Ouest.

 

Je propose que les départements s'occupent du social, de l'entretien des routes et des forêts, des collèges et des lycées. Je propose enfin un échelon municipal où, selon les territoires, le pouvoir soit détenu par une intercommunalité divisée en arrondissements ou par une ville de plein exercice. L'échelon municipal conserverait néanmoins son caractère généraliste et aurait le monopole de la culture, des équipements de proximité (crèches, piscines, stades et terrains de sports) et de l'animation locale.

 

A cette clarification des compétences, il faut absolument rajouter la fusion des innombrables organismes para publics dans leur échelon de compétence correspondant. Enfin, pour paracherver le tout, il faut faire un inventaire général de toutes les délégations de service public, des Partenariats Privé Public, ... et prendre des mesures d'exception pour remettre en cause les abus lorsqu'il y en a.

 

Le but affiché serait de fonctionner à moyen terme avec un personnel réduit de 500 000 personnes sans pour autant transférer de tâches sur le privé par l'intermédiaire des PPP et des délégations de service public.

 

 

 

 

 

annexe de la Bastille 1: Faire le ménage dans le secteur de la formation professionnelle:

 

Tout d'abord, quelques chiffres. La formation professionnelle c'est 27 Milliards d'euros par an soit 1.5% du PIB. C'est 48000 organismes dispensant des formations pour 7 millions de bénéficiaires par an. Mais ce sont aussi des frais de gestions gigantesques, la quasi absence de contrôle, des stages bidons, des diplômes sans débouchés, ... Le secteur est gangrainé par le népotisme, la corruption, et l'amateurisme.

 

En dehors de ces travers, le système actuel est inéquitable. Il favorise les diplômés qui en ont le moins besoin par rapport aux non diplômés qui en on le plus besoin. 60% des cadres accèdent à un stage au cours de leur carrière contre seulement 29% des ouvriers. Il favorise également les grandes entreprises par rapport aux petites. A travail égal, on a 5 fois plus de chance d'obtenir un stage dans une grande entreprise que dans une PME. L'enveloppe annuelle moyenne par salarié est de 781€/an dans les unes contre 75€/an dans les autres. 13% seulement des chômeurs obtiennent un stage après de multiples démarches, et ce stage est bien souvent trop court pour être véritablement qualifiant.

 

La formation professionnelle échoue dans son but principal qui est d'adapter la main-d'oeuvre aux besoins des entreprises. 250 000 à 500 000 offres d'emplois ne sont pas pourvues chaque années. Son pilotage attribué au régions depuis 2004 est défectueux par manque de moyens.

 

Ses 48 000 organismes dispensant des formations sont incontrôlables. Il n'existe pas de déclaration pour se déclarer formateur. Une simple inscription en préfecture suffit. Quant aux 99 OCPA (Organisme Paritaire Collecteur Agréé), ils sont trop nombreux et souvent accusés de corruption. Leurs trois rôles principaux sont de collecter les "cotisations formation obligatoires auprès des entreprises (de 0.55% à 1.6% de leur masse salariale selon leur taille), d'orienter les DRH dans la recherche d'une formation sérieuse, et de contrôler les organismes dispensant des formation. Trop de contrôleur est comme n'en n'avoir aucun. La cour des comptes propose même de les supprimer pour les remplacer par un unique organisme de contrôle!

 

Une refonte total du système s'impose donc. Je propose donc:

 

1 de supprimer les OCPA, de donner à un service des impôts la fonction de collecte des cotisations des entreprises, et de laisser aux chambres de commerce et aux syndicats patronaux et de salariés par branches le soin d'apprécier la valeur de la formation dispensée par un organisme. N'ayant pas les moyens de connaître des milliers d'organismes, cela entraînera automatiquement des regroupements ou fusions d'organismes et une sélection selon la réputation et l'expérience des uns et des autres.

2 Une simplification généralisée des réglementations. La conservation de quelques formules (CIF, DIF, VAE, ...).

3 Une simplification du processus de pilotage. Chaque entreprise pilote son plan de formation. Le pilotage général étant fait par des négociations entre les régions et les branches professionnelles. Le salarié pilote sa carrière avec un compte individuel ouvert sur un site national et gérant son "enveloppe annuelle" qui se cumule. Ainsi chaque salarié pourra garder en réserve des heures pour organiser sa reconversion en cas de licenciement, ou utiliser des heures pour obtenir une promotion ou juste mettre à jour ses connaissances.

4 Une enveloppe unique pour tous les salariés de 400€/an avec un droit à 20h par an (chaque organisme étant tenu d'indiquer le prix de sa formation). Cela réglerai automatiquement la discrimination sociale actuelle, puisque les formations des plus diplômés sont par nature plus chères que celles des moins diplômés. Cela remettrait les petites entreprises à égalité avec les grosses.

 

Ainsi, avec quelques propositions simples à mettre en oeuvre, on "fait le ménage" dans le secteur de la formation professionnelle, on règle les principaux problèmes, ... et on réduit la facture de moitié (400€*30 000 000 de salariés et de demandeurs d'emploi =12 Milliards + 2 Milliards de frais de fonctionnement = 14 Milliards)!

 

 

 

 

annexe des Bastilles 5 et 7: Lutter contre la principale fraude sociale qu'est l'association de la pauvreté et du travail au noir

 

La plus courante des fraudes sociales consiste à mentir par omission sur sa situation familiale tout en travaillant au noir. Par exemple, une jeune femme va se déclarer mère célibataire alors qu'elle a un compagnon avec lequel elle vit en concubinage (et parfois en étant mariée religieusement). Elle va donc toucher l'allocation de parent isolé, les APL, ... et bénéficier de la CMU ou d'une aide à la complémentaire santé. Son compagnon (mari parfois) va quant à lui travailler au noir tout en touchant le RSA. S'il a moins de 25 ans, il pourra même habiter officiellement chez ses parents pour leur permettre de gagner une demi part sur l'impôt sur le revenu.

 

Ce système de fraude est efficace et quasiment indétectable par l'administration. La CAF et Pôle Emploi demandent beaucoup trop de documents administratifs, ce qui pénalise les plus honnêtes et les plus fragiles, mais ils ne font quasiment pas de vérifications sur le terrain.

 

Sans vouloir excuser les fraudeurs, l'une des raisons profondes de ce système de fraudes est le manque d'accessibilité de l'économie française. Il y a une trop grande coupure entre le monde des études et le monde du travail en France. Il faut créer plus de passerelles en développant l'apprentissage et les stages "utiles" au jeune comme à l'entreprise (Il y a beaucoup de stages mais ils sont de plus en plus rarement le prélude à un emploi stable). Il faut renforcer et non réduire les avantages fiscaux des CESU, des heures sup et des auto entrepreneurs. Il faut réduire la difficulté de certaines barrières comme celle du permis de conduire. Il faut réduire les charges sur les entreprises et créer un univers favorable aux entrepreneurs. Il faut ouvrir l'accès au financement pour les jeunes les plus entreprenants. Il faut étendre le champs des activités légales. Il faut réduire la complexité administrative. Il faut casser la dictature du diplôme, ... Bref il faut faire ce que j'appelle du "libéralisme populaire" pour permettre aux jeunes de s'en sortir par eux-même plutôt que de chercher à les protéger avec des allocations.

 

Il faut juste faire l'exact inverse de tout ce qu'on a fait depuis 30 ans!

 

 

 

 

 

annexe de la Bastille 5: Prendre les quelques mesures courageuses et politiquement incorrectes pour réformer l'Education Nationale:

 

L'Education Nationale française recule dans tous les classements internationaux alors que les moyens publics qui lui sont consacrés sont très importants. Et ces moyens n'empêchent pas un nombre toujours plus grand de professeurs de mal vivre leur métier.

 

C'est la preuve que le mal est très profond et que la multitude de réformes de l'Education Nationale n'ont servi à rien. Mon opinion que j'ai acquise en consultant de nombreux professionnels de l'Education Nationale est que les remèdes sont mauvais parce que le diagnostique est mauvais.

 

4 raisons fondamentales "et politiquement incorrectes" explique cet échec: l'impossibilité de faire respecter la discipline dans les établissements est la première cause de la baisse globale du niveau et de la fatigue au quotidien des enseignants,  l'inflation du nombre d'évaluations et de tâches de repporting que doivent faire les enseignants leur bouffe inutilement leur temps et coûte donc très cher à la collectivité, la complexité des programmes rend impossible le travail en profondeur et une véritable assimilation des connaissances par les élèves, et la réforme du 1er cycle universitaire, qui passe par la remise en cause du droit illusoire à tous de faire des études supérieures, est une absolue nécessité.

 

Lorsqu'un élève mineur se comporte mal, il est impossible dans le système actuel de le sanctionner surtout si sa famille le soutient. Il n'existe pas d'ordre hiérarchique détenant le pouvoir. Beaucoup s'en rendent compte et en profitent. Les enseignants dépensent l'essentiel de leur énergie à faire la discipline dans leur classe sans avoir les moyens légaux de le faire. Le racket et surtout l'intimidation des élèves brillants par les autres atteignent un niveau insoupçonné et dont personnes n'a le courage de dénoncer. Les meilleurs élèves se font souvent traiter "de bouffons" ou "d'intellos" au point qu'ils sont obligés de modérer leurs résultats pour pouvoir s'intégrer au groupe. La majorité des élèves ne peuvent travailler autant qu'ils le voudraient ou le devraient dans ces conditions. C'est d'ailleurs la première raison non avouée de la baisse globale du niveau qui est bien réelle quelques soient les dénégations des responsables de l'Education Nationale. La solution serait de recréer un niveau hiérarchique en créant des écoles disciplinaires au règlement sévère et à la juridiction dérogatoire dans lesquels seraient envoyés les élèves posant des problèmes de disciplines sur simple demande du conseil de discipline de l'établissement réuni par le directeur. Les parents ne devraient pas avoir leur mot à dire dans ces décisions. Le temps de "d'éloignement punitif" devrait être proportionnel à la faute commise et une fois la peine accomplie l'élève devrait avoir le droit à l'oubli et à reprendre sa scolarité comme si rien ne s'était passé.

 

La deuxième réforme à faire est de réduire au strict minimum les tâches d'évaluation et de reporting des enseignants. On s'illusionne à croire que ces tâches permettent de mieux suivre la scolarité des élèves. Elles bouffent le temps et l'énergie des enseignants et sont contre-productives car elles obligent à survoler par élève un nombre considérable de critères qui ne permettent pas le travail en profondeur sur l'essentiel. Elles coûtent cher à la collectivité car elles rendent impossible de confier d'autres tâches aux enseignants comme de participer à la surveillance de devoirs surveillés ou à la mise en place de la réforme des rythmes scolaires.

 

La troisième réforme à faire est de réduire à l'essentiel les programmes. Le programme d'une année scolaire tient dans un fascicule épais comprenant un nombre considérable de points à aborder et d'étapes à franchir. Il faut au contraire réécrire chacun de ces programmes en une dizaine ou une vingtaine de lignes pour n'indiquer que les têtes de chapitre essentielles et laisser l'enseignant libre de parvenir aux objectifs principaux par les méthodes pédagogiques qu'il préfère et en y mettant le contenu le plus détaillé qu'il peut. C'est ensuite le niveau réel des élèves qui doit être mesuré.

 

La quatrième réforme est de réduire de moitié le nombre d'étudiants en première année d'études universitaires en rétablissant une sélection par dossier au lycée. Cette réforme aurait le triple avantage de réduire les coûts pour les universités ce qui permettrait de supprimer les droits d'entrée universitaires, d'inciter les lycéens au travail pour avoir un bon dossier, et de mettre fin à l'hypocrisie sociale qui consiste à faire croire que tout le monde peut faire des études supérieures. Chaque d'année des centaines de milliers d'étudiants perdent leur temps et l'argent public dans des filières universitaires sans débouchés et, après avoir redoublé une deux ou trois fois leur première et parfois leur deuxième année, sortent sans diplômes.

 

Ces 4 mesures sont du bon sens et surtout sont issues du vécu d'innombrables personnes. Elles ne coûteraient rien aux finances publiques, bien au contraire. Elles sont complètement contraires au politiquement correcte, mais le politiquement correcte nous a conduit dans un tel désastre qu'il est peut-être temps de s'en affranchir!

 

 

 

 

 

Un projet politique mobilisateur:

 

"Prendre ces 7 Bastilles de conservatismes et de clientélismes" est nécessaire mais pas suffisant. C'est un préalable incontournable pour sortir de l'impuissance politique qui mine la démocratie. Mais il faut intégrer cette légitime révolte dans une grande politique mobilisatrice et positive de construction "d'une nouvelle société". Même si cet article est d'abord consacré à ce contre quoi il faut se révolter, d'autres articles du site sont plus consacrés à illustrer ce que pourrait être cette nouvelle société. Si on ne veut pas laisser la France s'enfoncer dans le marasme, il faut absolument "se bouger" autant sur le plan économique que sur le plan sociétal car les deux sont liés.

 

 

Sur le plan économique:

 

Osons une politique massive de soutien aux entrepreneurs et à tous les créateurs de richesses par la baisse des charges sociales, la simplification des réglementations, le soutien à l'innovation, la reconnaissance sociale pour les entrepreneurs, une politique pour leur faciliter la vie au quotidien avec par exemple des règles de stationnement dans les grandes villes revues en leur faveur, ...

 

Cette politique sera rendue possible par une réorganisation complète de l'état, des collectivités locales, et du système de santé, qui elle-même sera rendue possible par une simplification générale du droit après un inventaire complet des lois, et par une grande réforme de la fiscalité sur les entreprises et les particuliers visant à la simplifier, à la rendre plus cohérente, et surtout à la rendre plus stable.

 

Cette politique économique est par essence libérale parcequ'elle repose sur le principe partout vérifié que "les affaires prospèrent dans la facilité", qu'il faut "faire tourner l'argent", qu'il faut "chercher d'abord à faire grossir le gâteau avant de chercher à le partager". Il faut établir un contexte le plus favorable possible aux créateurs de richesses.

 

Cependant cela n'est pas du libéralisme sauvage. Je veux tout réorganiser pour tout rendre plus efficace et moins coûteux, mais je ne veux ni toucher au SMIC, ni au CDI, ni au statut des fonctionnaires. C'est la grand différence entre le néolibéralisme de la Droite et le libéralisme humaniste du Centre (Quand il s'assume!) La Droite, les technocrates et les économistes bien pensants utilisent la volonté légitime d'améliorer la compétitivité des entreprises pour justifier "la flexibilité", c'est à dire la remise en cause de toutes les formes de sécurité de l'emploi.

 

Le droit à la stabilité est pour moi un acquis social et humain essentiel. Il ne faut pas être naïf. Sa remise en cause se fait toujours dans le cadre "d'un combat de classes" entre les actionnaires et les salariés. Pressurer les salariés, les placer dans une situation de stress permanent, pouvoir les virer sans difficulté, ... bref les maintenir dans une précarité permanente, ne profite généralement pas à l'investissement mais améliore juste les profits à court terme des actionnaires. L'amélioration de la compétitivité des entreprises n'est alors qu'un alibi. Le prix social et humain d'une politique de Droite est très important alors qu'elle n'a aucune efficacité économique dans la durée. D'où la nécessité de maintenir les garde fous que sont le SMIC, le CDI et le statut des fonctionnaires. Le "modèle allemand" et le "modèle anglosaxon" ne sont donc pas des modèles à copier.

 

Par contre, il est indispensable d'améliorer la compétitivité des entreprises en baissant leurs charges directes et indirectes. Et si on se refuse à utiliser le levier de la précarisation des salariés, on ne peut le faire qu'en utilisant celui de la réorganisation totale et de la simplification généralisée du système pour pouvoir réduire structurellement les dépenses publiques et simplifier la vie des entreprises. Or le préalable incontournable à cette réorganisation et à cette simplification est de "prendre les 7 Bastilles de clientélismes et de corporatismes" qui bloquent toute évolution de la société française. La boucle est bouclée. Voilà ce que je propose. Voilà ce qu'un Centre digne de ce nom devrait proposer. Voilà également ce qui distingue le Centre de la Droite. Dans les paroles elle semble portant favorable à certaines des mesures de réorganisation et de simplification que je préconise, mais elle ne les a jamais mis en oeuvre lors de ses passages au pouvoir car elle est bien top liée à de nombreux clientélismes. Quant à la Gauche, sous prétexte de défendre l'état providence, elle entretient également le statu-quo. Et comme il n'est plus tenable, alors sous la pression des réalités économiques et du déficit des finances publiques, elle se résout souvent à céder à la facilité de sacrifier les salariés plutôt qu'à affronter la difficulté de réorganiser le système. Voilà pourquoi une politique de gauche finit toujours par ressembler dans les faits à une politique de droite.

 

 

Sur le plan sociétal:

 

Le dynamisme économique ne peut éclore que dans une société "jeune d'esprit", libre, tolérante, favorisant l'initiative individuelle et s'enrichissant de la diversité. Tout se tient. La preuve par l'extrême inverse, les sociétés fermées comme l'Afghanistan ou la Somalie sont pauvres et le resteront toujours si elles ne se libèrent pas de la chape de plomb culturelle qui les enferment dans un système de valeurs incompatibles avec l'essor d'une économie.

 

Je ne sais pas si c'est un effet du vieillissement de la population, mais la France devient de plus en plus un univers hostile aux jeunes, et à tous ceux qui prennent des initiatives et des risques. Le jeunisme dans les médias n'est que de façade. Dans la réalité le jeune dérange. Quand il veut faire la fête, on ne parle que de "nuisances". Quand il veut prendre des risques, on exige de lui "des garanties". Quand il veut innover, créer, inventer, on lui oppose "le stricte respect des réglementations".

 

On est dans la société du "zéro risque", du "zéro dérangement", et du "zéro nouveautés". La règle de base de toutes les administrations est le "pas de vagues". La préoccupation principales des banques est le "pas de risques".

 

Ce qui fait le plus de mal à notre société est l'emprise des technocrates sur la politique et sur l'administration. Souvent jeunes d'âge mais toujours vieux d'esprit, ils sont les défenseurs serviles de tous les clientélismes et de tous les corporatismes, et donc du statu-quo. Avec eux, toutes les idées novatrices sont toujours impossibles à réaliser. Toutes les initiatives doivent d'abord "être évaluées" avant d'obtenir le droit éventuel d'être mise en oeuvre, ce qui demande de passer le filtre de leur esprit étriqué, et élimine les plus pertinentes. Toutes les remontées d'expérience du terrain et toutes les interpellations par les citoyens des décideurs sont reformulées dans leur jargon technique, ce qui conduit à les vider de leur sens. Et les pires d'entre eux sont les juristes. Souvent aux services de lobbys divers, ils exploitent toutes les arcanes du droit pour défendre les intérêts les moins avouables.

 

Ils ont retourné l'adage de Montaigne selon lequel "la démocratie et le développement repose sur une société de droit où tous sont égaux devant la loi". La complexité juridique abusive permet à ceux qui en ont les moyens de toujours finir par obtenir ce qu'ils veulent, tandis que les autres sont toujours déboutés. Et quand les revendications sécuritaires s'ajoutent aux intérêts défendus par les technocrates et les juristes, on aboutit alors à une" boue" faite de clientélismes, de corporatismes, de frilosité, d'esprit réactionnaire, d'hypocrisie, et de bureaucratie qui étouffe la société française, son économie et ses jeunes.

 

Un Centre fort doit avoir la conscience politique de ces réalités là et l'esprit révolutionnaire nécessaire pour se battre pour "libérer" la France de ces maux. Liberté d'entreprendre et libertés sociétales sont liées. La défense de l'économie réelle et la justice sociale sont également liées. Voilà les combats qu'un "véritable" Centre droit alternatif doit mener.

 

 

Philippe Dervaux

 

 

 

"Les 7 Bastilles à prendre" dans l'alternative crédible, droits de copie libres à condition d'en mentionner l'origine.

 

 

 

Les coups de gueule d'Henriane

Le blog de Joséphine

Le recueil de pensées libres de Philippe

Blogueurs Centristes

 

Vous voulez exprimer votre opinion. Vous pouvez créer votre propre page sur le site en cliquant sur l'image ou en nous contactant à: contact@lalternativecredible.fr

 

 

 

Se procurer "La Riposte Centriste"

Notre message en images

Répertoire des blogs et sites centristes de France