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taxe Tobin: Qu'est-ce qu'on attend? article tiré de Marianne

Photo tirée du site du Figaro, article dans Marianne de Paul Quilès - Tribune | Mardi 21 Juin 2011 à 15:01 | Lu 3613 fois

 

Depuis la crise, l'instauration d'une taxe sur les transactions financières est de nouveau à l'ordre du jour. Pourtant elle n'a pas encore été mise en place. Paul Quilès revient sur ce mécanisme qui pourrait, selon lui, désarmer la spéculation financière et permettre une redistribution des richesses à l'échelle mondiale.



Chaque jour, les besoins financiers du monde apparaissent plus colossaux : déficits consécutifs à la crise financière, besoins liés à l’adaptation au changement climatique, lutte contre l’extrême pauvreté…. Les solutions apportées se révèlent souvent des palliatifs ou des réponses provisoires, à tel point que les inégalités continuent à se creuser de façon insupportable et que, même en Europe, des pays se trouvent en danger et des peuples se soulèvent.
 


En attendant que des remèdes plus fondamentaux s’attaquent à la racine du mal, c'est-à-dire à un système financier international abandonné à ses pulsions et capable de faire plonger à nouveau l’économie mondiale dans la tourmente, il existe un instrument dont on parle trop peu. Ou plutôt, on en parle…..mais on ne fait rien !
 


Je veux parler de la « taxe sur les transactions financières » (TTF), qui pourrait dégager des ressources financières considérables. L’idée n’est pas neuve, puisqu’elle avait été lancée par l’économiste Keynes dans les années 30, afin de lutter contre la spéculation boursière. Elle fut reprise en 1978 par le professeur Tobin, qui proposa d’instaurer une taxe sur les transactions internationales sur le marché des devises, avec comme principal objectif, là encore, de limiter les envies de spéculer des acteurs financiers.
 


Tous ceux qui eurent le malheur de reprendre cette proposition, pourtant émise par un homme peu suspect de vouloir combattre le libéralisme économique, se virent traités par les milieux financiers et politiques de droite d’irresponsables et de démagogues. Il se trouve que la crise mondiale que nous traversons depuis plusieurs années a remis sur le devant de la scène l’idée d’une taxation, à un très faible taux (0,05%), de l’ensemble des transactions financières réalisées sur les marchés financiers.
 


Il y a quelques mois, début mars 2011, le Parlement européen a même voté un vœu favorable à cette réforme. Plus récemment encore, la semaine dernière, une initiative conjointe du PS français et du SPD allemand a permis l’examen par les 2 parlements nationaux d’un projet de résolution européenne de taxation des transactions financières.
 


Cette dernière proposition a malheureusement fait long feu. En Allemagne, dans la confusion la plus totale, la majorité de droite a refusé de voter le texte au motif qu’il était « irresponsable » et qu’il reprenait « le chemin de la lutte des classes » (sic !), alors qu’Angela Merkel et son ministre des finances disaient y être favorables…En France, le texte a été voté, malgré une utilisation politicienne du projet, présenté par l’UMP comme lié à « l’action de N. Sarkozy », mais on sait que ce vote sera sans lendemain, car les arguments sont toujours les mêmes dans les milieux politiques liés au système financier international.
 


On agite à nouveau les mêmes arguments éculés et pourtant réfutés[1], autour du thème du « risque de casser le système des paiements internationaux ». On fait mine de le proposer au niveau mondial (G20), alors qu’on sait bien que les Etats-Unis, le Canada, le Japon et la plupart des pays émergents sont réticents et que c’est au niveau européen que le système est le plus pertinent dans un premier temps.
Il est difficile d’ignorer que les besoins de financement mondiaux n’ont jamais été aussi énormes. Une étude datant d’avril 2010[2] fait état d’une somme de 710 milliards de $ (chiffre qui s’est accru depuis, du fait de l’accentuation de la crise dans de nombreux pays), se décomposant en :
 


- Financement des déficits budgétaires provoqués par la crise financière dans les pays développés : 360 milliards $


- Financement de l’atténuation des changements climatiques et des adaptations nécessaires dans les pays en développement : 170 milliards $


-  Ressources annuelles additionnelles nécessaires de 2012 à 2014 pour atteindre les « Objectifs de développement du millénaire »[3], que les 192 États membres de l’ONU se sont engagés à  atteindre d’ici 2015: 180 milliards $.

L’apport de la TTF

 

D’après les instituts de recherche économique, la taxe, appliquée à hauteur de 0,05% sur les transactions financières englobant toutes les transactions boursières et non boursières, pourrait rapporter 200 milliard € à l’échelle européenne et 650 milliards si elle était appliquée au niveau mondial.
 


On voit donc bien, que, sans être une solution magique, la TFF satisferait en partie les besoins mondiaux de financement. Les atermoiements auxquels donnent lieu les échanges verbaux, les promesses non tenues, les échanges d’arguments de mauvaise foi au sein des instances internationales sont insupportables. Il faut espérer qu’une mobilisation politique et citoyenne, tant au niveau français qu’au niveau européen, permettra de faire aboutir ce projet, dont les principaux objectifs sont majeurs, puisqu’il s’agit :
 

-  de désarmer la spéculation financière internationale ;
 

-  de dégager des ressources nouvelles pour répondre à des besoins mondiaux vitaux ;
 

- de faire payer le secteur financier, en grande partie responsable de la crise financière, pour participer à la redistribution des richesses au niveau mondial.
 


Ecoutez l'interview de Paul Quilès à propos de la TTF sur son blog.
 
 
 

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