l'Alternative Crédible

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combat pour le pouvoir d'achat

 

(écrit le 26 12 2010) 

 

 

 

 

 

 

 

C'était la promesse de Nicolas Sarkozy en 2007, "être le président du pouvoir d'achat". Même si elle aurait été difficile à tenir compte tenu de la crise financière qui a suivi en 2008, tout ce qui était possible n'a pas été fait.

 

Pourtant, c'est une des clés de la résolution de la crise actuelle. Sans une action forte en faveur du pouvoir d'achat, la politique de réduction des dépenses publiques risque de n'être qu'une simple politique d'austérité dont on connait les conséquences. L'austérité va provoquer la contraction de la consommation et donc la récession. Celle-ci va alors entraîner une baisse des recettes fiscales et donc une nouvelle augmentation du déficit.

 

Cependant, avec la pression qu'exerce sur les salaires la mondialisation, les risques de délocalisation, les contraintes de l'Europe telle qu'elle fonctionne actuellement et l'état des finances publiques, il ne reste pas beaucoup de marges de manoeuvres aux politiques pour défendre le pouvoir d'achat et encore moins pour l'augmenter.

 

Des leviers pour agir concrètement, il n'en reste en fait que 2: la politique en matière de logement et la défense des consommateurs face aux oligopoles.

 

 

1er levier: la politique du logement

 

C'est le premier poste budgétaire des ménages français. Les politiques ne peuvent agir sur les salaires ou à peine. Forcer les entreprises à payer plus est impossible juridiquement et économiquement, augmenter le SMIC ou les salaires des fonctionnaires ne l'est qu'à la marge, réduire les impôts ne l'est plus vus les déficits et la dette, bloquer les prix n'a pas de sens dans une économie ouverte...

 

Mais on peut faire le choix politique de réduire le coût du logement. Cela demande d'agir massivement dans 2 directions: augmenter l'offre de logements et augmenter le nombre moyen d'habitants par logement. Cela se concrétise en 3 actions majeures.

 

Construire massivement des logements sociaux. C'est plus facile à dire qu'à faire. Pour qu'ils soient occupés il faut les construire dans des zones de vie là où il y a de l'emploi et connectés aux grands réseaux de transports publics. Pour pouvoir les financer, il faut réorienter l'épargne dans ce sens. Le livret A de toutes les banques et dans sa totalité doit permettre le financement du logement social, même si cela entraîne une baisse de sa rémunération. D'ailleurs les avoirs sur les comptes courants au-delà d'un certain seuil (15000€?) devraient être taxés pour financer le logement social. C'est aussi une question d'équité. Pour trouver la place pour les construire il faut préempter des terrains ou des immeubles à réhabiliter quand c'est en centre ville. Pour les faire accepter il faut appliquer la loi SRU avec plus d'autorité. Pour les construire il faut trouver le personnel nécessaire en rendant les emplois du bâtiment plus attractifs et probablement en étant obligé de faire appel à une main d'oeuvre immigrée.

 

Inciter les petits propriétaires privés à (re)mettre sur le marché de nouveaux logements. Pour cela, il faut leur offrir la protection de l'état. Beaucoup on eu une mauvaise expérience avec des loyers impayés ou des logements dégradés par des locataires indélicats. Il faut que ce soit l'état qui poursuive le locataire quand il y a dégradation et l'état qui assure un dédommagement rapide du propriétaire quand il y a des impayés avec poursuite éventuelle du locataire (quand la cause de l'impayé n'est pas le chômage ou un accident de la vie). Financièrement cela coûte moins cher que cela n'en a l'air. Il est possible de réorienter une partie des fonds actuellement destinés au logement et utilisés en fait pour financer à prix d'or des chambres d'hôtel souvent au bord de l'insalubrité ou à compenser sur fonds publics l'augmentation des prix sur le marché de l'immobilier! Le vrai problème est le personnel de l'état que cela risque de mobiliser. La solution se trouve alors dans l'informatisation à outrance et dans la mobilité facilitée dans la fonction publique.

 

 

Inciter à vivre en communauté. Cela choquera sans doute certains. Mais l'une des raisons essentielles de la crise du logement se trouve dans les conséquences des nombreuses séparations et dans le mode de vie individualiste de beaucoup. Si on ne peut agir sur les séparations, on doit accepter que l'intérêt collectif est que l'on vive le plus possible en collectivité, quelqu'elle soit: famille, couple, colocation, personne âgée avec étudiant, ... et l'état, garant de l'intérêt collectif, doit oser mettre les incitations nécessaires pour y contribuer d'une façon générale avec par exemple une modulation dans ce sens de la taxe d'habitation.

 

Enfin pour conclure sur ce chapître, la politique actuelle du logement est essentiellement une politique de subventions . On subventionne la mixité sociale, ce qui est est légitime et nécessaire. Mais on subventionne aussi sur fond public l'augmentation des prix dans un marché privé. Ce qui est une absurdité. Les prêts à taux 0 sont sympathiques mais ils participent à l'augmentation globale des prix. Si on veut redresser la situation de la France, il faudra dans ce domaine comme dans bien d'autres, sacrifier un peu du clientélisme électoral. Ce n'est pas possible pour ceux qui sont installés au pouvoir, la droite et la gauche. C'est le rôle du Modem.

 

2ème levier: la défense des consommateurs face aux oligopoles.

 

L'une des raisons principales des difficultés budgétaires de beaucoup de français se trouve dans la souscription depuis quelques années à de nombreux abonnements dans la téléphoonie, l'internet, les assurances, les loisirs, .... C'est un choix privé qui accompagne l'évolution des technologies et l'apparition de nouveaux besoins, et on ne peut évidemment pas interférer.

 

Autoriser enfin les class-actions. On a tous été victime un jour ou un autre d'un abus de ces grandes sociétés, et on sait bien alors devant quel mur on se trouve pour faire reconnaître ses droits. Le rapport de force est complètement déséquilibré. De plus, les sociétés théoriquement concurentes se partageant un même marché sont régulièrement accusées d'entente illégale. La logique est de rééquilibrer le rapport de force lorsque des pratiques commerciales déloyales sont utilisées et de mieux lutter contre les fraudes. Ce sont des évidences. Les class-actions sont promises à chaque élection présidentielle. Mais elles ne sont jamais mis en application car le pouvoir politique recule à chaque fois sous la pression lobbys.

 

Le raisonnement classique

 

C'est le raisonnement appliqué jusqu'ici par la plupart des gouvernements de droite ou du centre et parfois ceux de gauche. Il est résumé par François Fillon dans cet extrait d'interview donné dans Nice-Matin:

 

"A l'heure de la reprise, comment aller plus loin pour favoriser le pouvoir d'achat des Français ? (Nice Matin)

 


Je sais que ce n'est pas ce que ressentent les Français mais la France est l'un des pays d'Europe où le pouvoir d'achat s'est le mieux tenu pendant la crise. Il n'a jamais été en baisse depuis 2007. La meilleure façon de protéger le pouvoir d'achat consiste à assurer la croissance de l'économie française et donc à réduire le chômage. C'est la raison pour laquelle nous maintenons la ligne qui est la nôtre depuis le début de cette crise : soutien à l'investissement et à l'innovation des entreprises, réduction du déficit et des dépenses publiques pour redonner des marges de croissance à la France. Nous avons fait 1,5% de croissance en 2010, on a prévu 2% de croissance en 2011. Croissance que l'OCDE prévoit même à 2,2 %." (François Fillon)

 

Les solutions traditionnelles de la gauche (et parfois utilisées par la droite) pour augmenter le pouvoir d'achat sont:

 

  • l'augmentation du SMIC
  • les augmentations des allocations familiales, de l'APL, de l'AAH, ...
  • la prime pour l'emploi
  • l'exonération de l'IR pour les plus modestes compensée par l'augmentation de l'IR pour les plus fortunés

 

Les solutions traditionnelles de la droite sont:

 

  • l'exonération des heures supplémentaires
  • l'utilisation de la concurrence pour baisser les prix au profit des consommateurs en démentelant les monopoles publics et en multipliant le nombre d'opérateurs privés autorisés sur les marchés dont l'entrée est soumise à des autorisations publiques.
Ces solutions ont toutes échouées. Penser que la croissance est la solution est une illusion. Il n'y aura quasiment pas de croissance dans l'avenir proche. Avoir une fois de plus recours à l'état providence est une autre illusion. Nous sommes aux dernières limites de l'endettement possible. Le dogme néo-libéral de la concurrence favorable au consommateur est encore une autre illusion. Dans la plupart des domaines clé, des oligopoles se sont formés qui faussent la concurrence. Les anciens monopoles publics privatisés ont toujours été remplacés justement par des oligopoles. Et en plus, la course au produit le moins cher favorise les produits importés et désavantage notre production nationale.
Les difficultés de finir le mois touchent de plus en plus de foyers. Défendre le pouvoir d'achat n'est pas un luxe mais une nécessité sociale et humaine. Droite et Gauche sont hors jeu sur ce sujet. Il est temps d'essayer autre chose. De plus, la résolution de la crise impose de dépenser réellement moins tout en défendant le pouvoir d'achat. C'est le rôle de MoDem de trouver des solutions pour y arriver. C'est aussi cela être une alternative crédible.

 

Philippe Dervaux

 

 

 

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